
Dean Harrison a copieusement étoffé son palmarès en remportant hier (dimanche 31 mai) la première course du Tourist Trophy 2026, sa première victoire en catégorie "reine" Superbike. Dominateur de bout en bout, le n°3 Honda devance Peter Hickman sur M1000RR, Michael Dunlop, Josh Brookes et un certain John McGuinness (!) tous trois sur Fireblade.
Le Tourist Trophy 2026 a démarré sous un ciel menaçant et 24 heures plus tard que prévu en raison de l’annulation samedi de la première course Superstock en raison d'une épaisse brume et de la pluie annoncée. Ce dimanche 31 mai donc, à 13h30 précises, le coup d’envoi du TT a été donné… avec la course Superbike !
Les favoris étaient bien connus des Moto-Nautes : Dean Harrison, intouchable en qualifications avec un tour à 134,877 mph (217 km/h de moyenne sur 60 km de routes de campagne et petites ruelles !), suivi de près par Peter Hickman (132,701 mph) et Michael Dunlop (132,149 mph).
Le "King of the Mountain" justement (33 victoires au compteur pour Dunlop), après une semaine compliquée et un retour de dernière minute sur sa Fireblade en SBK et sa M1000RR en STK (pas de Panigale V4 cette année encore), avouait ne pas se sentir à la hauteur pour jouer les premiers rôles. Il ne s'en est pas si mal sorti...

Dean Harrison, 37 ans et auteur du doublé en Superstock l'an passé (5 victoires en tout, jamais en Superbike), partait avec une lourde pression. Pourtant, son aisance en qualifications (huit tours à plus de 133 mph) montrait qu’il était l’homme à battre.
Peter Hickman, 39 ans et triple vainqueur en Superbike (14 succès au TT), revenait de loin après une saison 2025 gâchée par les blessures. Comme Michael Dunlop, le n°10 anglais n'était pas assuré de monter sur le podium : les autres prétendants, comme Josh Brookes ou John McGuinness (54 ans et toujours aussi rapide !) guettaient la moindre faille des favoris.
Le départ a été donné sous un soleil timide. Dès Glen Helen, Harrison creusait l’écart : 4,8 secondes d’avance sur Dunlop, Hickman à 5,3 secondes. Brookes et McGuinness suivaient, au coude à coude… au chrono, pas sur la route où pour rappel ou info, les pilotes sont lâchés un par un, toutes les dix secondes.

À Ballaugh, l’écart entre Harrison et Dunlop grimpait à 7,3 secondes, tandis que Hickman, qui devait rebatir sa confiance après avoir s'être reconstruit physiquement, perdait un peu de terrain. "Je ne suis pas encore à 100%, mais je suis là", dira-t-il plus tard, soulagé. Le public, lui, retenait son souffle : la bataille pour la deuxième place s’annonçait féroce !
À l'issue de son premier passage sur la "montagne" (colline de 621 mètres), Harrison signait un tour à 134,892 mph, comme un message clair à ses adversaires. Dunlop, à 133,297 mph, tentait de suivre, tandis que Hickman, à 133,175 mph, revenait en force grâce à sa légendaire vitesse dans la dernière section - très, très - rapide.
"J’ai perdu du temps dans les portions sinueuses, mais la BMW tient bon en ligne droite", expliquera le pilote anglais. Derrière lui (au chrono toujours), Brookes et McGuinness se livraient un duel sans merci pour la quatrième place, tandis que Jamie Coward, parti de loin, remontait comme un dératé. La course était superbement lancée sauf pour Dominic "The Bomb" Herbertson, contraint à l'abandon à Hillberry.

Le deuxième tour a confirmé la domination d’Harrison : à Glen Helen, son avance sur Dunlop atteignait 15,2 secondes, et le duel pour la deuxième place entre Dunlop et Hickman se jouait à moins de 1,2 seconde. "J’ai cru que je pouvais le passer, mais Peter est solide", avouera Dunlop, un brin frustré : "nous savons quel est le problème, et il semble que nous ne puissions pas vraiment faire grand-chose pour le résoudre".
Pendant ce temps, l'imperturbable Harrison enfonçait le clou : "je savais que si je gardais ce rythme, personne ne pourrait me suivre", confiera le pilote officiel Honda après la course. Ses supporters, eux, commençaient à croire à un exploit : et si "Deano" parvenait enfin à remporter sa première victoire en catégorie reine ?
À mi-course, l'avance de Harrison dépassait les 28 secondes. Derrière, la bataille faisait rage : Dunlop et Hickman s’échangeaient la deuxième place à chaque intermédiaire ou presque, tandis que Brookes et McGuinness se disputaient la quatrième position, séparés d'à peine 7 secondes. Coward, lui, grimpait en sixième position, prouvant que les outsiders avaient encore leur mot à dire.

Le quatrième tour a vu Harrison porter son avance à plus de 30 secondes, un fossé que même les plus optimistes de ses rivaux ne pouvaient espérer combler. Dunlop, malgré un arrêt au stand plus rapide, ne parvenait pas à réduire l’écart : "j’ai tout donné, mais Dean était aujourd’hui intouchable", admettra-t-il, fair-play.
Hickman, lui, continuait de reprendre ses marques et ses sensations (il est le pilote le plus rapide sur le tracé du Tourist Trophy) et gérait son duel face à Dunlop, les deux hommes se livrant un combat acharné… pour la deuxième place, pas la première !
Les deux derniers tours ont été une formalité pour la Honda n°3, son brillant pilote a pu légèrement rendre le gant sans jamais être inquiété. À l’arrivée, Harrison franchissait la ligne avec 15,5 secondes d’avance sur Hickman, signant ainsi sa sixième victoire au TT et sa première en SBK.

"C’est un soulagement, mais aussi une immense fierté", lâchait Dean. "C'est difficile de rester concentré pendant six tours (1h43 de course soit 2,5 fois le GP d'Italie, pour une distance 3 fois supérieure, NDLR !), c'est tellement exigeant physiquement", nous prie-t-il de croire, paré toutefois à remettre ça cette semaine...
Hickman a finalisé son retour en beauté en bouclant un dernier tour à 134,587 mph, devançant finalement Dunlop de 12,4 secondes. "C’est bon de revenir comme ça après une année difficile", savourait "PeTTer", aussi ému que loyal : "bien joué à Dean, il a fait un travail exceptionnel toute la semaine".
Auteur d'un 52ème Top 3 au "TiTi" (en 95 départs !), Dunlop gardait le sourire malgré la frustration : "ce n’est pas la victoire, mais c’est toujours un honneur de monter sur ce podium", avouait le neveu, fiston et frangin des regrettés Joey, Robert et William.

Sur leurs propres CBR1000RR-R, Josh Brookes et John McGuinness complétaient le Top 5 : "je l'avoue : j'étais un peu fatigué dans le dernier tour, j'avais mal à l'épaule gauche, alors j'ai dû ralentir un peu", reconnaissait humblement le vieux mais très bon pilote. "C'est là que ce circuit peut te jouer des tours, alors je me suis dit que j'allais simplement profiter de cette dernière boucle" aux commandes de sa machine décorée comme sa toute première RS250R.
Ian Hutchinson a finalement devancé Jamie Coward de 1,2 seconde pour la sixième place, tandis que Nathan Harrison, Mike Browne et Paul Jordan complétaient ce premier Top 10 du Tourist Trophy 2026 plus tranquillement… Hum, façon de parler : Jordan a signé son premier tour à plus de 130 mph, "une belle récompense après une semaine compliquée", d'après lui.
Enfin, Moto-Net.Com signale les valeureuses 35ème et 39ème places de Timothée Monot sur sa fidèle Kawasaki ZX-10R et d'Amalric Blanc sur une toute nouvelle Yamaha R1 !

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