
Face à la multiplication des rumeurs sur sa santé financière, MV Agusta vient de publier un communiqué qui confirme son entrée en ''Composizione Negoziata della Crisi'' (CNC). Une procédure due selon ses dirigeants à la récente rupture avec KTM, mais qui ne devrait pas durer grâce à la progression des ventes de motos ? Explications.
Ce vendredi 11 septembre 2026, la direction de MV Agusta souhaite clarifier la situation, face aux rumeurs sur l'état de santé du constructeur de Varese. Elle ne nie point des difficultés opérationnelles et financières, confirmant son entrée dans une procédure italienne de sauvegarde. Mais elle décline toute responsabilité et aborde l'avenir avec optimisme.
MV Agusta n'en est pas à sa première tempête... Rachetée par Harley-Davidson en 2008, puis revendue à Claudio Castiglioni pour un euro symbolique en 2010, la marque accueille Mercedes-AMG à son capital dès 2014, avant de frôler le dépôt de bilan en 2016. Elle doit alors son salut à une recapitalisation menée par Black Ocean Group, structure liée aux investisseurs Timur Sardarov et Oliver Ripley.

Un nouveau chapitre s'ouvre pour la minuscule marque au palmarès majuscule, en novembre 2022 : via le groupe autrichien Pierer Mobility, KTM entre au capital à hauteur de 25,1 %, avant de porter sa participation à 50,1 % en mars 2024. Mais les déboires financiers du groupe autrichien - placé en restructuration fin 2024 avec plus d'un milliard d'euros de dettes - précipitent à nouveau la revente de MV Agusta à une holding de la famille Sardarov, baptisée Art of Mobility et finalisée en juillet 2025.
Pour ces propriétaires, c'est principalement cette séparation d'avec KTM qui aurait entraîné cette année 2025 de transition, marquée selon la presse transalpine par une chute de moitié de ses ventes. Le nouveau CEO, Luca Martin, aurait exploré différentes pistes de reprise du capital – dont, selon la presse spécialisée, des discussions avec le chinois CFMoto - sans qu'aucune n'aboutisse… tout comme l'augmentation de capital de 35 millions d'euros promise en mars 2026.

En conséquence, la production de l'usine de Varèse serait à l'arrêt depuis avril 2026 (!), faute de fournisseurs payés, fragilisant un réseau de concessionnaires déjà fébrile et menaçant près de 185 salariés. MV Agusta est donc entrée, en août dernier, dans la "Composizione Negoziata della Crisi" ou CNC… à ne pas confondre avec l'équipementier CNC Racing ! Ce dispositif italien permet aux entreprises en déséquilibre temporaire de se restructurer sous supervision indépendante.

Dans son communiqué, la direction assure mener ce processus dans le seul intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de son réseau, et refuse de commenter davantage les informations et rumeurs en circulation. Elle met en avant les 2166 ventes mondiales au premier semestre 2026 (+3,4%), tirées par l'Italie (+28,8%), la France (+42,3%) et les États-Unis (+24,2%). Des chiffres qui pourraient attirer de potentiels actionnaires. Affaire à suivre, sur MNC bien sûr !
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