
Ce n'est pas une surprise, mais la FFMC tenait tout de même à le vérifier : après un an de pratique encadrée (et des décennies de pratique tolérée), la circulation inter-files est perçue comme une avancée majeure pour la fluidité et la sécurité… malgré une communication gouvernementale jugée timide. Explications.
Évoquée il y a 20 ans déjà sur Moto-Net.Com, expérimenté depuis 10 ans dans les Bouches-du-Rhône, la Gironde, le Rhône et l'Ile-de-France, la Circulation Inter-Files (CIF) des motos et scooters est devenue légale il y a exactement un an, dans toute la France. Mais pas partout, attention !
Pour rappel en effet, la "remontée de file" n'est autorisée que "sur autoroutes et routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central avec au moins deux voies dans chaque sens", lorsque les files sont ininterrompues et en respectant des vitesses raisonnables : 50 km/h en circulation dense, 30 km/h dans les bouchons, les vrais.
"Un an après la parution du décret du 9 janvier 2025, l’heure est au bilan", signale la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) qui, avec la Ligue de Défense des Conducteurs (LDC), a mené une enquête auprès de 649 usagers de la route, dont 595 se déclarent motards, 231 automobilistes (parfois les deux, donc), quelques scootéristes (23) et chauffeurs poids-lourd (11).

Parmi ces personnes qui fréquentent régulièrement les routes où la CIF est autorisée (80% des sondés), les deux tiers concluent au bout d'un an que "les règles encadrant la CIF ont amélioré les conditions de circulation dans les embouteillages (dont un tiers notent une "nette amélioration" et deux tiers une amélioration "plutôt positive")" Hourra !
Pour 30% des répondants, "la légalisation n'a rien changé par rapport à la pratique qui préexistait". Hourra bis ? Finalement, seuls 2% des interrogés considèrent que le nouveau texte encadrant clairement la remontée de file a dégradé la situation. Et pourtant…
Certains commentaires laissés par les participants soulignent d'importants points - positifs - comme le fait que "légaliser l'inter-file permet enfin de l'enseigner officiellement dans les auto-écoles et moto-écoles", ou que tout "motard qui remonte une file de voitures contribue à la raccourcir". Terriblement logique, non ?
De plus, certains pratiquants se sentent "moins hors la loi et plus serein, notamment vis-à-vis des assurances en cas d'accident". Sont-ils de même moins exposés à des amendes ? Une nouvelle étude actuellement en cours de la FFMC cherche à le découvrir. N'hésitez pas à livrer votre témoignage ! (voir la "question bonus" du questionnaire de cette étude).

Pour conclure sur une note moins positive et néanmoins constructive : le bilan de la FFMC souligne que "80% des répondants estiment que la communication officielle a été insuffisante et/ou mal ciblée". Selon l'un des participants "la communication institutionnelle a été trop orientée vers "les règles" et les deux-roues motorisés, alors qu'il y avait une opportunité en or de parler, aussi aux automobilistes, de partage de la route et des bénéfices mutuels".
Au final donc, la fédération française des motards en CIF (!) "appelle les pouvoirs publics à poursuivre ses efforts pour une communication qui inclue l'ensemble des conducteurs dans cette dynamique de partage de la route".
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