
Simon Tobaldin, vous connaissez ? Moto-Net.Com non plus. Enfin, pas avant son email reçu dans la foulée de la Distinguished Gentleman's Ride 2026. Ce motard a levé plus de 5600 euros de dons en cinq éditions et figure à la première place du ''chart'' français 2026. Mais l'essentiel est ailleurs, chez Triumph Vittel AMR ! Interview.
Certaines initiatives captent immédiatement l'attention. Celle de Simon Tobaldin en fait partie. Parce qu'elle est réussie certes, mais aussi parce qu'elle est belle. Ce chic type de 38 ans (dont la moitié de permis moto) participe depuis 2022 à la Distinguished Gentleman's Ride.
Créée en 2012 à Sydney, la "DGR" est un événement mondial annuel où des motards, vêtus élégamment, roulent pour sensibiliser à la santé masculine et lever des fonds pour la recherche sur le cancer de la prostate. Cet événement rassemble des milliers de participants dans plus de 100 pays, dont la France "of course".
"J'avais envie de prendre quelques minutes pour partager avec vous un point d'étape sur cette édition 2026 du Distinguished Gentleman's Ride, dont l'édition vittelloise s'est déroulée ce week-end", nous a écrit cette semaine le n°1 des donateurs français, avec 1693 euros au "trip partiel" 2026, et 5659 euros au "donomètre" sur cinq éditions.

Or la collecte se poursuit jusqu'au 31 mai, et le plus généreux des "frenchies" espère faire encore grimper le compteur de sa ville d'adoption, Vittel, actuellement 3ème devant Lyon ! "Ce sont des positions provisoires, mais elles reflètent déjà une mobilisation magnifique. Tout peut encore évoluer d'ici la fin du mois : raison de plus pour continuer à porter cette cause".
Mais "au-delà des classements, ce qui compte vraiment, ce sont les fonds collectés au profit de la recherche contre le cancer de la prostate et de la santé mentale masculine : deux combats trop souvent menés en silence", relativise ce "vieux" motard : il montait à 5 ans derrière son grand-père, le chanceux !

De même, s'il adore se pavaner au guidon de sa sublime Thruxton savamment personnalisé, "Mister Tobaldine" ne se la pête pas : "ce résultat n'est pas le mien seul : il est celui d'une équipe, d'un groupe d'amis motards qui m'ont accompagné, des organisateurs vittellois qui ont effectué un travail remarquable, et surtout de toutes les personnes qui ont donné, relayé ou simplement encouragé".
Moto-Net.Com souhaitait donc en savoir plus sur ce chic type, et lui a balancé une série de questions. Le retour a été quasi-immédiat et très complet, accompagné de ces quelques mots : "avant toute chose, je tiens à préciser que mon premier email avait pour seul but de mettre en lumière un événement encore trop peu connu chez nous : il s'adressait principalement à mes contacts, et je ne recherche aucun intérêt personnel à voir mon nom paraître dans votre journal. C'est la cause qui mérite la visibilité", Puisqu'on vous dit que c'est un chic type !
Moto-Net.Com : Qu'est ce qui vous a poussé à vous inscrire à la DGR, dès 2022 ?
Simon Tobaldin : Trois raisons se sont conjuguées. Tout d'abord, la perte brutale, il y a une dizaine d'années, d'un oncle auquel j'étais très attaché, emporté par une maladie masculine. Ensuite, la fierté que représenterait, pour mon grand-père qui a transmis l'esprit motard à toute la famille, le fait de me voir m'engager ainsi. Enfin, l'envie, avec ma Thruxton préparée en café racer, de contribuer à dédiaboliser l'image du motard. Loin du bruit, des wheelings et des burns, ces motos rétro aux allures distinguées portent un tout autre message.

MNC : Pourquoi continuez-vous chaque année ?
S. T. : Il existe énormément de causes, d'événements et de collectes pour des sujets très divers, mais bien trop peu autour des maladies masculines. Or, homme ou femme, nous avons tous un père, un oncle, un frère, un ami ou un collègue auquel nous tenons et que nous n'aimerions jamais voir partir. J'espère, par ma mobilisation, contribuer à faire connaître cette cause.
Pour faire un parallèle : dans l'Est, nous avons « Une Rose, Un Espoir », où les motards font du porte-à-porte pour vendre des roses au profit de la Ligue contre le cancer. J'y participe depuis 2007. Au début, il fallait se présenter, expliquer la démarche. Aujourd'hui, les gens nous attendent sur le pas de leur porte, à l'écoute du grondement des cortèges. L'an dernier déjà, quelques familles attendaient le passage de la DGR devant chez elles. C'est exactement ce type de notoriété que j'espère voir grandir.
MNC : Que représentent pour vous vos 5600 euros collectés en 5 éditions ?
S. T. : C'est à la fois inespéré et impressionnant. Clients, collègues, fournisseurs (de l'entreprise Traloc à Hautoncourt, spécialisée dans le transport, la location et le balayage de voirie dans le Grand-Est, dont Simon est responsable d'exploitation, NDLR), famille, amis : tout le monde s'est mobilisé. J'imagine que le message et la cause ont touché chacun des donateurs à leur manière.

MNC : Comment s'est déroulé la DGR 2026 à Vittel ?
S. T. : Nous avons eu beaucoup de chance : la météo n'était pas au beau fixe la veille et n'augurait rien de bon, mais le dimanche matin nous a offert du soleil et des températures clémentes. La fréquentation était un peu moins importante que la précédente édition ensoleillée, mais les motards ont joué le jeu en venant de façon distingué. Comme chaque année, l'accueil s'est fait dans le pur esprit motard : amical, souriant, café à la main, avec une convivialité sans pareille.
Une des choses honorables aussi, c'est que chaque année Christophe Aubry (boss de la concession Triumph à Vittel) laisse la possibilité à toutes les motos de participer, celles qui ne sont pas dans le thème se retrouve en queue de cortège afin d'avoir des visuels dans l'esprit du DGR mais malgré tout de fédérer tous les motards quelque soit la monture.
MNC : Avec quelle moto rouliez-vous le 17 mai dernier ?
S. T. : Je roulais avec ma Triumph Thruxton 1200R Track Racer. Une vraie machine à sourire, que j'ai longuement préparée pour obtenir le caractère qu'elle a aujourd'hui (peinture perso, échappement, admission ...). Beaucoup la prennent pour une moto des années 70, mais seuls les plus avertis le savent : elle est de 2016, et bénéficie de l'injection, de l'ABS, du contrôle de traction... et même de poignées chauffantes !

MNC : Quelle personne était la plus stylée cette année ?
S. T. : Comme chaque année les motos AMR volent la vedette aux humains ! Le podium revient aux machines : la Vincent Egli, la R90 Joe Bar Team "Lévrier Noir" et la Thruxton Manx de l'équipe AMR. En photo ci-dessus, vous avez de gauche a droite : Christophe, son mécanicien, et son associé Evan.
MNC : A quel point la concession Triumph Vittel s'investit sur ces rendez-vous ?
S. T. : Le meilleur indicateur est simple : je viens de Metz et je fais 400 km sur le week-end pour ne pas manquer la DGR chez AMR, alors que je pourrais participer à celle de Metz, du Luxembourg ou de Nancy qui sont bien plus proche. L'accueil, la convivialité, la connaissance et le stock de motos – notamment de collection – y sont impressionnants. C'est, à mon sens, le futur Ace Café français, ici, dans le Grand-Est, mais encore trop méconnu.
J'invite vivement tous les Moto-Nautes à rencontrer Christophe Aubry, fondateur d'AMR (46 ans plus tot) : un personnage attachant et une véritable bible de la moto. Avec son associé Evan, il vient d'ouvrir La Strada, un bar-restaurant sur le thème de la moto, accessible directement depuis la concession. L'équipe construit actuellement une piste de moto-école sur le côté du bâtiment, et - clou du spectacle - un musée est en cours d'aménagement à l'intérieur. Allez-y de ma part !
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