
Alors que la France maintient l'obligation du contrôle technique pour les deux-roues, l'Union Européenne se divise sur cette mesure contestée, sans preuve tangible d'amélioration de la sécurité des motards. Pétitions, manifestations et statistiques : rien n'y fait ! Pourtant, les accidents de moto relèvent surtout du comportement, pas de la mécanique...
Le 5 mai 2026 (hier !), la commission des transports du Parlement européen (TRAN) a voté pour étendre le contrôle technique (CT) à tous les deux-roues motorisés de 125cc et plus, sans alternative possible. Cette décision, adoptée par 30 voix contre 11, supprime la flexibilité actuelle et impose un CT obligatoire dans tous les États membres, malgré l'opposition de la FEMA et de la FFMC, qui soulignent l'absence de preuve de son utilité pour la sécurité routière.
"Ce résultat est très décevant après toutes les discussions que nous avons menées avec la FIM et les membres du Parlement européen", se désole Wim Taal, secrétaire général de la FEMA. "L'extension du contrôle technique périodique obligatoire à toutes les motos est souvent justifiée par l'argument selon lequel "les contrôles améliorent la sécurité". Or, les faits ne confirment pas cette affirmation".
Les Moto-Nautes - qui, comme chacun sait, ont un peu plus de chance que les autres -, savent depuis fort longtemps que les statistiques donnent tort à cette version des faits : "les défauts techniques ne sont quasiment jamais la cause des accidents de moto. Le comportement des usagers de la route et l'état des infrastructures sont les véritables problèmes, et le CT n'y remédie en rien", martèle d'ailleurs le porte-parole de la FEMA.
En Europe, le CT moto reste à ce jour et officiellement facultatif : il y a encore cinq mois (décembre 2025), le conseil des ministres de l'UE avait confirmé que les motocycles étaient exclus de l'obligation, permettant à des pays comme le Danemark, la Finlande, l'Irlande ou les Pays-Bas de ne pas l'appliquer, au Portugal de l'abandonner, à la Belgique de l'imposer uniquement à la revente. Or la commission TRAN vient leur mettre des bâtons dans les jantes. Ce qui est extrêmement dangereux sur un deux-roues, attention !
En France, le CT moto est obligatoire depuis avril 2024, malgré une contestation massive et concrétisée par une pétition populaire, des manifestations et un boycott. Une contestation justifiée par le fait que moins de 0,5% des accidents à moto sont liés à des défaillances techniques. Les motards pointent davantage le comportement des usagers (sur un petit air de "C'est pas moi, c'est les autres !") et l'état des infrastructures.
Le calendrier français s'applique inexorablement, progressivement : en 2026, les motos immatriculées en 2020 et 2021 doivent passer le CT avant le 31 décembre prochain, sous peine d'une amende de 135 euros (750 euros en cas de récidive). Cette obligation s'étend aussi aux ventes d’occasion, sauf si le véhicule a moins de 5 ans ou est vendu à un professionnel.
La FFMC, la FEMA et la FIM - ainsi que MNC - continuent de dénoncer l'absence de fondement scientifique du CT moto, prônant des mesures alternatives : amélioration des routes, formation, et sensibilisation. Malgré les pressions, le gouvernement français maintient la mesure, tandis que l'UE semble divisée, entre la commission TRAN et le Conseil des ministres, qui avait rejeté ce déploiement fin 2025.
"Prochaines étapes : par 32 voix contre 10 et une abstention, les députés européens ont décidé d'entamer des négociations avec les pays de l'UE sur la version finale de la législation", indique la FEMA. "Cette décision doit encore être approuvée par le Parlement en séance plénière, qui se réunira à la mi-mai 2026". Affaire à suivre donc, sur MNC bien sûr !
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