
Le week-end dernier se disputaient le GP d'Autriche, le Bol d'Or… et le festival Goodwood Revival 2026 qui a, cette année encore, fait le plein de spectateurs en tweed, d'autos et motos rutilantes, de pilotes légendaires venus participer au Barry Sheene Memorial Trophy, hommage au champion GP500 1976 et 1977. Il y a cinquante ans ? ''What The Flûte !''
Chaque mois de septembre, le "famous" circuit de Goodwood se réveille aux pétarades de vieilles machines à deux ou quatre roues pour le Revival. Le principe est aussi simple que périlleux : un meeting entièrement dédié aux autos et motos d'avant 1967, lorsque le "bon-bois" était encore au programme de différentes compétitions mécaniques.
Cette compétition est couru chaque année devant des spectateurs apprêtés avec un soin maniaque : costumes, robes à fleurs, moustaches, casquettes plates, noeuds-pap, souliers vernis... Le moindre anachronisme est proscrit, des loges pour VIP jusqu'au stands. Le samedi affichait complet depuis des semaines (150 000 tickets), preuve que le charme opère toujours de l'autre côté de la Manche.

Au programme "moto", le Barry Sheene Memorial Trophy perpétue le souvenir de l'unique journée de courses motos disputée à Goodwood en période d'activité, le 14 avril 1951 (250cc et sidecars 120cc de l'époque). Créée sous le nom de Lennox Cup qu'un certain Barry Sheene avait disputée (et remportée, voire la seconde vidéo en bas d'article !) en 2002 pour sa dernière course sur sol britannique. L'épreuve a justement été rebaptisée après sa disparition, six mois plus tard.
Des machines de 1948 à 1966 se confrontent lors de deux épreuves de 25 minutes, à raison de deux pilotes par moto, avec relais dans les stand... et départ "à la Le Mans", où les pilotes, casque à la main, courent rejoindre leur machine qu'ils doivent démarrer à la manivelle ou au kick.

Norton, Matchless, Velocette, Vincent et autres BMW (kompressor !) se réaniment, chevauchées par de grands noms de la vitesse britannique et internationale : John McGuinness, Troy Bayliss, Davey Todd, Marco Melandri, Carlos Checa, Ian Hutchinson, Troy Corser, Freddie Spencer, Tom Sykes ou Michael Dunlop sont venus se frotter aux monstres sacrés du classicisme britannique.
Le premier acte de l'édition 2026 s'est disputée ce samedi 19 septembre, et le spectacle a commencé dès les premières secondes : le départ à pied donne lieu à son lot de drames mécaniques, la Vincent Comet Grey Flash refusant notamment et catégoriquement de démarrer pendant que la Norton International d'Ian Hutchinson et James Bain bondit en tête... avant de rendre l'âme - le moteur ! - dès le premier virage. "Damned !"

La demi-heure de course se révèle rude pour de nombreuses autres concurrentes : la Royal Enfield Meteor de Cooper et Barton s'arrête sur l'herbe au bout de trois tours, rejoignant une liste de victimes qui compte cinq prétendants sérieux, dont une Velocette MSS 500 et une Vincent Rapide.
À l'inverse, la Vincent Black Shadow de Tom Booth-Amos et Jordan Kingham tourne parfaitement et relègue à 40 secondes la BMW kompressor de Davey Todd et Herbert Schwab, revenue du diable vauvert. Derrière, l'extraordinaire remontée de Troy Bayliss et Glen English, partis 12èmes pour finir 4èmes sur leur Norton Manx, a également fait lever les tribunes.
Le lendemain pour la seconde manche, le scénario s'inverse : Stuart Tonge (Matchless) prend le meilleur départ, mais Glen English installe sa Norton Manx en tête dès la fin du premier tour. À l'ouverture de la pitlane pour le changement de pilote, le leader décide de rester en piste le plus longtemps... et chute à la chicane, privant Bayliss de tout relais. Cruel !

Une fois les relais passés, Tom Booth-Amos reprend les commandes et file vers le doublé, tandis que John McGuinness, 23 succès au TT au compteur et une victoire au tout récent Classic TT, achève la course en tête des monocylindres.
La Vincent Black Shadow Booth-Amos/Kingham s'impose donc au classement combiné devant la Norton Manx McGuinness/Parker et la Matchless G80CS d'Adam Child et Stuart Tonge.

Preuve que les deux-roues attisent les foules bien au-delà du Sussex : la vidéo officielle de la première cuorse, sobrement intitulée "Motorbike Madness" (ou "frénésie à moto"), dépasse déjà les 60 000 vues en trois jours sur la chaîne YouTube des organisateurs.
Il faut reconnaître que voir ces grands enfants galoper en cuir vieilli et casque bol vers leurs joujoux étincelants, pétaradant et sentant l'huile brûlée (vous ne sentez rien, vous?) est révigorant. La "Rétro Touch" est totale, assumée et franchement jouissive.
L'édition 2026 revêtait une saveur toute particulière : Goodwood bouclait cette année la célébration des 50 ans du premier titre mondial en GP500 de Barry Sheene, conquis en 1976 (le compte est bon) sur sa Suzuki RG500, machine sortie pour l'occasion et pilotés par Freddie Sheene, le fils du champion.

Steve Parrish, l'éternel ami et ex-coéquipier de "Bazza", chevauchait quant à lui la moto du second sacre (1977). Autre moment fort du week-end : la famille Sheene a reçu des mains du duc de Richmond "himself", le Spirit of Goodwood Award.
Le natif de Londres, au charisme inégalable, au distinctif numéro 7 barry barré et à l'authentique accent "cockney", reste le dernier Britannique champion du monde en catégorie reine des Grand Prix moto. Il aurait fêté ses 76 ans le 11 septembre dernier, mais nous a quittés le 10 mars 2003, à 52 ans.
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