
Avec huit victoires en douze courses dès sa première saison en championnat de France Superbike, Christophe Ponsson est l'incontestable champion FSBK 2026. Et pourtant, il était absent de la liste des favoris de la FFM. Retour sur la trajectoire du n°23 du team MDS BMW, monté en WorldSBK dès 19 ans et pigiste en MotoGP... à une seule reprise.
Christophe Ponsson. Ce nom vous dit quelque chose !? Né en décembre 1995 dans le Rhône, il a néanmoins grandi dans les paddocks. Son père dirigeait l'écurie Gil Motor Sport et faisait rouler en Mondial Supersport les champions Stéphane Chambon et Fabien Foret. À douze ans, il regardait le second gagner à Phillip Island, à trois heures du matin, devant la télé.
Vainqueur à 8 ans du championnat de Belgique "Enfants" de Pocket Bike, Christophe débute sur "vraie" moto en 2011 en Superstock 600. Il a alors quinze ans et roule sous licence luxembourgeoise, pays où il réside. Trois ans plus tard, il se rend en Grande-Bretagne et roule sur une singulière Bimota pour le prestigieux team Alstare.
En 2015, il débarque en World Superbike sur une Kawasaki Grillini et sous la bannière française cette fois-ci. À Phillip Island, "pour de vrai", il devient le deuxième plus jeune pilote à courir en World Superbike et marque un point dès sa première course. Prometteur !

Hélas, les relations avec Grillini ne sont pas simples et, en mai 2015, Ponsson est éjecté au profit de Nicolo Canepa devenu subitement sans guidon suite au retrait d'EBR (Erik Buell Racing, en faillite). Christophe rebondit sur une autre Ninja, alignée par Pedercini : au plus haut niveau, les structures fragiles et les places sont chères, surtout pour un jeune sans galons.
En septembre 2018, après deux saisons en STK1000 espagnol, Avintia l'engage à Misano pour quatre épreuves de MotoGP (!) en remplacement de Tito Rabat, blessé. Cal Crutchlow et Jack Miller s'en prennent à l'équipe, le n°35 anglais fustigeant leur stupidité, sans en vouloir au pilote débutant. Dès Aragon, Jordi Torres prend sa place : Ponsson dénonce des coups bas. Le rêve de Grand Prix n'aura duré qu'un week-end.

Par la suite, Christophe Ponsson évolue au sein de la structure familiale en World Superbike sur Yamaha (2012 et 2022), puis en Superbike espagnol sur BMW (2024 et 2025). La vitesse pure est souvent là, mais les grosses chutes et les sales blessures aussi…
Puis arrive 2026 : première saison en championnat de France Superbike, au sein du Team MDS, sur la BMW n°23, numéro d'un garçon né un 23 décembre. Au moment de dresser la liste des prétendants au titre, la Fédération Française de Motocyclisme indique quatre noms, mais zéro Ponsson.

"Le quintuple champion de France Kenny Foray sera-t-il en capacité d’aller chercher un nouveau titre face à son rival de premier plan en la personne d’Alan Techer ? Le rookie de l’an passé, Enzo De La Vega, pourrait-il venir bousculer l’indétrônable ? Ou encore, le passage du team de Grégory Leblanc sur des BMW sera-t-il le détail qui fera la différence cette saison ?"
Cet été, après l'avant-dernière épreuve au Vigeant, la FFM constate : "presque 1 tour sur 2 de la saison fut bouclé en tête par Christophe Ponsson. Une statistique qui reflète à la fois sa domination, mais aussi sa capacité à aller chercher les victoires dans les courses puisqu'il a remporté 60% des courses. Le week-end dernier a sûrement signé son apogée cette année, puisqu'il a mené tous les tours !"

Six victoires en dix courses : le taux de réussite est simple à calculer ! À Magny-Cours pour la grande finale, Ponsson déboule avec 48 points d'avance sur Kenny Foray. Or le champion de France en titre(s) est le dernier homme encore en mesure de le battre, et roule lui aussi sur une BMW M1000RR.
Le moral du leader du provisoire avait toutefois pris un coup quelques jours plus tôt, au cours de la finale du championnat du monde d'Endurance cette fois… Ponsson a chuté aux qualifications du vendredi et s'est blessé : "Très déçu de ce Bol d'Or", résumait-il, avant de remercier son médecin et son kiné pour une remise en état express...

Samedi dernier à Nevers, c'est le pilote invité Kaito Toba (team Etoile inscrit en EWC) qui décroche la pole ! Ponsson est deuxième à 18 centièmes de secondes et Foray complète la première ligne, à cinq centièmes seulement. En première manche, Ponsson s'impose dans une bagarre à trois avec Foray et Hugo Clere. Il devient officiellement Champion de France !
Sur un circuit qu'il connaissait déjà, à la différence de plusieurs autres tracés français découverts cette saison, il enfonce le clou le dimanche : en tête dès le premier virage, il résiste à un groupe de sept jusqu'au dernier virage. Toba San finit deuxième, Clere troisième. Foray, deuxième la veille, termine huitième sur sa propre K1600GTL RR. Hum.

Ponsson savoure pleinement : "quand on commence la moto, c'est pour savourer des moments comme celui-là", estime le nouveau patron du FSBK. Il célèbre sur les réseaux une septième victoire synonyme de sacre puis une huitième boucler avec panache sa saison victorieuse, sans oublier de remercier équipe et partenaires.
Le Team MDS justement, se réjouit d'un titre qui récompense "une saison de travail, de détermination et d'engagement". L'écurie dresse le bilan, flatteur : 8 victoires et 11 podiums en 12 courses de Superbike. Elle décroche la médaille de bronze au classement par équipes, à égalité de points avec DES-RAC41 Honda et Team GP Park.

La reconnaissance vient aussi - et surtout - de la concurrence : Kenny Foray qui voulait "passer la six" cette saison mais termine deuxième avec 199 points (Vs 268 pour son successeur) salue sur Facebook "un grand bravo à Christophe pour sa saison et ce titre amplement mérité".
"Oui, cette saison a clairement été un combat à chaque instant", illustre l'ancien patron de la catégorie reine de vitesse moto en France. "On n’a pas eu une année facile, on a dû cravacher, chercher des solutions dans le dur, douter parfois, mais surtout ne jamais rien lâcher"… face à l'inattendu Ponsson !

BMW Motorrad France, pour sa part, rend hommage à l'incroyable série de son pilote officiel : quatre titres consécutifs sur la M1000RR et cinq au total. La filiale française de la marque allemande (championne du monde d'Endurance 2026) indique que le n°1 va changer de moto. Mais pas de marque, ni de modèle !

.
.
.