
Honda vient de dévoiler à Milan (pour la Fashion Week et non l'Eicma) un inédit Onitsuka Tiger Honda Mid Sports Concept : une Hornet 750 au carénage complet et complètement ''Tiger Yellow'' à bandes noires. À travers cette première collaboration, les deux marques japonaises entendent mettre la moto sportive... à la mode ?
Onitsuka Tiger a vu le jour à Kobe (Japon), le 1er septembre 1949, sous l'impulsion de Kihachiro Onitsuka, un jeune cordonnier persuadé qu'un esprit sain se forge dans un corps sain. C'est cet adage latin "Anima sana in corpore sano", dont les initiales donneront plus tard son nom au groupe ASICS, formé en 1977. Ses chaussures d'athlètes lui valent vite une solide réputation.
En 1966 apparaissent les bandes croisées, les "Tiger Stripes", sur la Mexico 66 (en référence au JO). Aux États-Unis, l'importateur Blue Ribbon Sports, futur Nike (!), distribue alors la marque. Relancée en 2002 comme marque de mode et de "lifestyle", Onitsuka Tiger réédite ses classiques (Mexico 66, Nippon 60, Ultimate 81) et s'impose bien au-delà des pistes d'athlétisme.
Parallèlement, dans le film "Le Jeu de la mort" sorti en 1978, soit cinq ans après la disparition de Bruce Lee, le maître des arts martiaux se bat en survêtement jaune barré de noir, chaussé de baskets assorties que l'on associe volontiers à Onitsuka Tiger.

Vingt-cinq ans plus tard, Quentin Tarantino rend hommage à cette silhouette dans Kill Bill (2003) où Uma Thurman y distribue des mandales et high-kicks dans une combinaison jaune à bandes noires... et des Onitsuka Tiger assorties ! Un magistral coup de pub, qui n'a rien coûté à la marque nippone. Certains motards se souviennent aussi peut-être, du ZZR jaune et noir de la Mariée...
Près d'un quart de siècle plus tard encore, Honda lève le voile de la mariée ensanglantée sur l'Onitsuka Tiger Honda Mid Sports Concept. La première mondiale s'est déroulée pendant le défilé Onitsuka Tiger, à la Fashion Week de Milan, pour la collection Femme Printemps/Été 2027, qui se tient du 22 au 28 septembre. On l'attend aussi bien sûr, sur les podiums de l'Eicma du prochain salon Eicma...
D'après le communiqué de Honda, cette œuvre d'art repose sur une moto sportive de moyenne cylindrée et arbore comme couleur principale le Tiger Yellow, la teinte emblématique d'Onitsuka Tiger. De larges bandes noires s'étirent de part et d'autre de la machine, tandis que les jantes, principalement noires, reçoivent des touches de jaune et les logos des deux marques. Honda ne fait aucune référence au cinoche, mais l'esprit est bien là.

Le concept ne défilait pas seul : Onitsuka Tiger a aussi présenté des chaussures et des vêtements intégrant le "Wing Mark", l'emblème des motos Honda, dans une collection inspirée de la culture motocycliste. Honda explique vouloir ainsi permettre à un public plus large de découvrir cet univers "sous un angle plus proche et plus accessible". Les deux marques, nées à un an d'écart (1948 pour Honda, 1949 pour Onitsuka Tiger), revendiquent un socle commun : la recherche de technologies de pointe, l'excellence de fabrication et un esprit permanent de défi.
L'exercice n'a rien d'inédit dans le monde du deux-roues. En 2022 notamment, Kawasaki s'est associé à Adidas pour proposer deux paires de baskets aux dénominations évocatrices : la ZX8000 (verte, 120 euros) et la ZX 5K Boost (noire, 160 euros... le même prix que les pompes de Bruce Lee). Cette collaboration intervenait 38 ans après la première qui avait donné naissance aux ZX500 en 1984.
En mai 2024, Ducati s'est associé avec la marque new-yorkaise de streetwear Supreme et le studio Drudi Performance, célèbre pour les casques AGV de Valentino Rossi. Le résultat est une Streetfighter V4 S en série limitée et numérotée, aux seules modifications esthétiques : le V4 de 1103 cc et ses 208 chevaux restent inchangés.

Vendu 47 500 euros en France (contre 26 890 euros pour une version de base), le roadster maxisportif débarquait avec une collection capsule (combinaison et blouson Dainese, casque Arai, gants Spidi, vêtements lifestyle) écoulée par fameux et très, très onéreux "drops".
Pourquoi de tels duos ? La première raison tient au client : une paire de baskets ou un tee-shirt permet d'entrer dans l'univers d'un constructeur moto sans passer le permis, s'acheter une moto et l'assurance, l'essence et l'équipement qui vont avec. La moto devient plus accessible. La marque de mode, elle, capitalise sur la vitesse, la technique et la sophistication, les performances.
Une collaboration bien menée peut aussi rajeunir une marque, nourrir les réseaux sociaux et permettre de vendre des produits en séries limitées, dont la rareté justifie des prix élevés. Parfois indécents. Encore faut-il que l'histoire soit crédible. Les motards se verraient-ils sur une Hornet carénée, améliorée (visez les étriers Brembo et le pot Akrapovic) et toute jaune ? Affaire à suivre, restez connectés !
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