
Le constructeur à l'hélice poursuit sa révolution numérique grâce à des robots humanoïdes qui débarquent pour la première fois dans une usine en Europe. Ces automates boostés à l'Intelligence artificielle (IA), encore en phase de tests, visent à renforcer la compétitivité de BMW… au détriment de sa masse salariale ?
"Pour la première fois, le Groupe BMW déploie l’IA (intelligence artificielle, NDLR) physique en Europe et lance un projet pilote avec des robots humanoïdes dans son usine de Leipzig", annonce le constructeur bavarois dans un communiqué. Leipzig, dans l'est de l'Allemagne, est un site important de sa production automobile depuis 2005.
"Ce projet vise à intégrer la robotique humanoïde à la production de série de véhicules et à explorer d’autres applications dans la production de batteries et de composants", explique BMW, qui a introduit le premier prototype de robot sur une chaîne de montage l'an dernier dans son usine de Spartanburg (États-Unis).
"Les enseignements tirés de ce projet sont mis à profit pour développer et déployer à plus grande échelle les applications d'IA physique", poursuivent les responsables de cette automatisation de la fabrication boostée à l'intelligence artificielle. "L'introduction d'agents de décision intelligents et autonomes marque un changement de paradigme dans la production. Associés aux robots, ces agents d'IA numériques constituent l'IA physique", se réjouissent-ils.

Concrètement, ces robots fabriqués par Hexagon Robotics vont à (court ?) terme participer à la fabrication des voitures et motos BMW. Voire les fabriquer entièrement, sans intervention humaine, au regard de l'évolution incroyablement rapide des systèmes d'apprentissage et d'autonomie de la robotique !
Grâce aux progrès de l'Intelligence artificielle, ces robots dits "humanoïdes" - qui présentent une apparence humaine avec une tête et des bras - se distinguent des traditionnels automates de montage. La différence ? Ils sont capables d'apprendre - via une énorme banques de données - pour modifier leurs actions de façon autonome. En clair : pas besoin d'un opérateur pour contrôler et compléter des tâches complexes.
"Notre objectif est d'être un leader technologique et d'intégrer les nouvelles technologies à la production dès les premières étapes", ambitionne le vice-président de la production et gestion de la chaîne d'approvisionnement de BMW. "Les projets pilotes nous permettent de tester et de développer l'utilisation de l'IA physique – c'est-à-dire des robots dotés d'IA et capables d'apprendre – dans des conditions industrielles réelles", précise Michael Nikolaides.
Ainsi, le robot "Figure 02" déployé dans l'usine pilote aux États-Unis a déjà contribué à la fabrication de 30 000 voitures en seulement dix mois : ce prototype a manipulé 90 000 composants "au millimètre près", s'émerveille BMW… qui prépare déjà la troisième version de son robot !
"Les robots humanoïdes sont perçus comme un complément à valeur ajoutée à l'automatisation existante", estime la marque à l'hélice, qui se défend de vouloir remplacer sa main-d'oeuvre "physique" par des robots. Car, ne nous leurrons pas, la place du salariat humain face à la machine reste le sujet central.

"Ces technologies présentent notamment un potentiel pour les tâches monotones, exigeantes sur le plan ergonomique ou critiques pour la sécurité", argumente BMW. "L’objectif est de soulager les employés et d’améliorer leurs conditions de travail", développe le constructeur dans un bel élan de générosité. Comme les radars sur les routes : ils sont là pour "votre sécurité", c'est écrit dessus !
Günter et Greta pourront remercier ces robots : ces merveilles de l'électronique vont les priver d'un travail pénible. Wunderbar ! Avant, peut-être, de les priver d'un travail tout-court. "Scheiße"... Une chaîne de production sans supervision humaine : un scénario digne de la science-fiction ? Rien n'est moins sûr !
Un coup d'oeil vers la Chine et ses Dark factories démontre que cette étape est à portée de main (numérique). Ces usines "fantômes" abritent des robots qui s'activent en autonomie dans le noir (d'où leur surnom "usines sombres"). Une main d'oeuvre corvéable à merci qui travaille sans pause, ni revendications. Et sans salaire ! Le fantasme ultime pour certains groupes industriels...
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