Pixel impression
  • L'essentiel
  • -
  • En savoir plus...
AVERTISSEURS DE RADARS
Paris, le 24 octobre 2016

Radars : un sénateur veut interdire leur signalement

Radars : un sénateur veut interdire leur signalement

C'était à prévoir : avec les mauvais chiffres de la mortalité routière (+ 30,4% en septembre) ressurgissent des propositions toujours plus restrictives. Dernière en date, la volonté d'un sénateur d'interdire tous les dispositifs permettant de signaler et localiser les radars et contrôles policiers, avertisseurs et réseaux sociaux compris.

Imprimer

Jean-Pierre Grand, sénateur LR de l'Hérault (34) et maire de Castelnau-le-Lez, fait part dans un courrier adressé au gouvernement de son souhait de rendre illégal tous les moyens permettant de prévenir de la présence de radars et de contrôles de police. Immédiatement très critiquée, cette mesure vise dans un premier temps les avertisseurs de radars, pudiquement renommés "avertisseurs de zones de dangers" en 2011

Depuis cette date, les Coyote, Winkangoo et autres Waze n'indiquent plus la localisation précise des contrôles radars (automatiques ou embarqués), mais des "zones dangereuses" qui s'étendent sur 500 mètres en ville, 2 km hors agglomération et 4 km sur autoroute. Autrement dit, une portion suffisante pour se faire flasher "pour votre sécurité". Voire plusieurs fois ! Sont aussi concernés les traditionnels "appels de phare" entre usagers et les échanges via CB entre camionneurs.

"Une source d'informations pour les délinquants, voire pour les terroristes"

"Ce genre de comportements a des conséquences sur l'efficacité de la politique de lutte contre l'insécurité routière", assure Jean-Pierre Grand, qui n'hésite pas à faire jouer la carte de la menace terroriste en argumentant que tous les moyens de signalement des contrôles "constituent une source d’information majeure pour les délinquants, voire pour les terroristes". Carrément !

Et le sénateur Grand nourrit même un projet répréhensif d'envergure encore plus grande : l'élu héraultais appelle à faire supprimer aussi les réseaux sociaux sur lesquels circulent les informations relatives à la présence de radars et policiers sur les routes ! Seul hic : après des mois de débats et un procès très médiatisé, la cour de cassation a récemment autorisé l'existence de tels groupes de discussion. Une trentaine de ces groupes rassembleraient aujourd’hui quelque 500 000 membres. 

Dont acte ? En théorie oui, mais en pratique, pas tout à fait... Le gouvernement ne peut revenir sur une décision de la cour de cassation mais peut la contourner en changeant les textes de loi, dans la mesure où une décision de la cour de cassation n'est relative qu'à la législation à la date à laquelle elle a été rendue. Autrement dit, l'Etat peut passer au-dessus  en ajoutant un article au code de la route visant à interdire les échanges de ce type sur des groupes spécifiques via les réseaux sociaux...  

"Interdire toute signalisation, que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou de boîtiers communautaires, c'est insensé. D'abord parce que ces outils ont un véritable rôle à jouer dans la sécurité routière : ils préviennent des zones potentiellement dangereuses, rappellent les limitations de vitesse et favorisent donc la vigilance des usagers. D'autre part, parce que ces dispositifs sont aujourd'hui à ce point développés et répandus parmi les automobilistes - on parle en millions d'utilisateurs - qu'il serait irréaliste de chercher à les interdire totalement", s'insurge Daniel Quéro, président de "40 millions d'automobilistes"

Pour Pierre Chasseray, délégué général de l'association, ce sont surtout les possibles dérives qui sont à craindre : "si l'on interdit les boîtiers, les applications, les réseaux sociaux, on retirera bientôt aussi les panneaux de signalisation des radars. On risque alors de rendre légitime n'importe quel lieu d'implantation des radars, qu'il soit accidentogène ou non, et de rendre encore moins acceptable la politique de répression de la vitesse. Une nouvelle fois, la bonne nouvelle ne serait que pour les caisses de l'État, qui verrait croître à coup sûr les recettes liées aux amendes radars, qui s'élèvent déjà à près d'un milliard d'euros".

.

.

Commentaires

Ajouter un commentaire

Identifiez-vous pour publier un commentaire.

.

A lire aussi sur le Journal moto du Net

Essai Trident 800 2026 : Triumph fait du Tri chez les roadsters

La Trident 660 est un peu sage et la Street Triple trop sportive ? Triumph fait la jonction avec sa nouvelle Trident 800 et son excellent 3-cylindres de 115 ch. Essai.
Fabio Quartararo n'a pas (encore ?) signé avec Honda

Le pilote officiel Yamaha tempère les rumeurs qui l'envoient au HRC en 2027 sur une Honda d'usine. Fabio Quartararo, forfait sur blessure le premier jour des tests de Sepang, reconnaît des contacts mais affirme qu'aucun contrat n'est signé.
MotoGP 2026 4 commentaires
Yamaha arrêté par une panne mécanique aux essais à Sepang

La deuxième journée des essais officiels MotoGP à Sepang (Malaisie), écourtée par la pluie, voit Honda se mettre en avant grâce à Joan Mir. C'est tout l'inverse pour son rival Yamaha, contraint au repos forcé suite à une avarie mécanique sur le nouveau V4 !
Nouveaux tarifs 2026 des motos et scooters Honda (Vs 2025)

Une nouvelle saison - commerciale - s'ouvre pour Honda avec une grille tarifaire majoritairement inchangée. Moto-Net.Com met à jour sa page dédiée aux prix du neuf et signale les baisses de tarif des entrées de gamme scooter Vision 110 et PCX 125, les réajustements sur certaines motos (dont la NC750X), ainsi qu'une nouvelle et exceptionnelle offre LOA sur l'Africa Twin.
Yamaha en 2025 : Une année compliquée par certaines sorties tardives

Yamaha a immatriculé 27 287 motocycles (-12,6%) en France en 2025. Pour Moto-Net.Com, le directeur commercial de la marque japonaise analyse la baisse du marché français et les tendances majeures, dresse son bilan et celui de ses principaux modèles, annonce les premiers événements 2026... Interview MNC de Paul Goulm.
Marché moto 2025 : Les meilleures ventes de motos et scooters 

Quelles étaient les motos et scooters les plus vendues en France en 2025 ? Cette année encore, Moto-Net.Com a inspecté le Top 300 des immatriculations de motocycles pour établir 16 classements : moto et scooter 125cc, maxiscooter, deux-roues électrique, roadster, néo-rétro, custom, trail, routière, sportive, etc. Bilan !
Guide nouveautés 2026 : toutes les motos, toutes les infos

Toutes les informations sur les nouveautés moto et scooter 2026 : présentations, caractéristiques, prix, coloris, disponibilités et nos premiers essais MNC. Le guide le plus complet, marque par marque, c'est sur Moto-Net.Com ! 
  • En savoir plus...