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TIBOU D'CAOUTCHOUC
Paris, le 9 août 2007

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

En cette période estivale, outre les transferts et la traque de Valentino Rossi par les paparazzis, un sujet fait débat : la bataille que se livrent les manufacturiers Michelin et Bridgestone... Et son incidence sur le déroulement du championnat 2007 !

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Nous en sommes à la moitié de la trêve estivale et les romans-photos entourant le Continental Circus tournent à plein !

Pendant que la presse et le fisc transalpins traquent sans relâche Valentino Rossi, sa prétendue nouvelle conquête et 60 de ses millions d'€uros, Loris Capirossi n’a de cesse d’exprimer son mécontentement vis à vis de Ducati depuis l’annonce de Marco Melandri pour 2008 (lire Moto-Net.Com du 27 juillet 2007), le dirigeant de l’équipe Honda Konica Minolta continue ses doléances sur sa 800 RCV, Kawasaki laisse planer le doute sur la composition de son équipe pour l’an prochain - alors, 2 où 3 motos ? -, Yamaha ménage le suspense Tech 3 (lire Moto-Net.Com du 2 août 2007), etc.

Mais en coulisse, une bataille plus âpre encore que celle disputée sur la piste fait rage et enflamme les débats : il s’agit de la lutte opposant les manufacturiers pneumatiques et tout spécialement Michelin et Bridgestone.

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

Il est clair que cette année est celle de tous les bouleversements : l’arrivée des 800 cc a redistribué les cartes et certains constructeurs y ont laissé des plumes. Pourtant, si Ducati a visiblement fabriqué une machine utilisant au maximum le potentiel disponible, ce n’est plus leur vitesse de pointe supérieure qui explique leur place au championnat et le leadership de l’extraordinaire Casey Stoner : à sept courses de la fin, le fait le plus marquant de la saison est sans doute l’incroyable progression et la constance des pneus Bridgestone.

Tous les arguments sont avancés pour tenter d’expliquer ce retournement de situation inédit pour le fabriquant français, habitué depuis une décennie à régner en maître sur la catégorie Reine !

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

D’abord la nouvelle réglementation imposée par la Dorna en fin d’année dernière qui ne permet plus à l’usine Auvergnate d’amener des pneus le samedi, voir le dimanche de la course. Les choix politiques et techniques de Michelin sont également controversés : départ de Nicolas Goubert du poste de directeur sportif, apparition cet hiver du 16 pouces avant puis à l’arrière et choix de gommes hasardeux sur certaines courses - Turquie, France, USA -.

Mais avant d’incriminer le leader mondial du pneumatique, il faut bien reconnaître que les japonais ont fait un véritable bond en avant en terme de performance et d’endurance... La démonstration aux États-Unis (podium 100 % Bridgestone, lire Moto-Net.Com du 23 juillet 2007), là ou aucun pilote Bridge n’avait jamais brillé, en est la meilleure preuve !

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

Ainsi Hiroshi Yamada, responsable de la compétition chez Bridgestone, revient sur ce tournant du championnat : "nous n’étions pas satisfait de la performance de nos pneus au Sachsenring, mais la deuxième place de Loris montre que nos pilotes peuvent obtenir de bons résultats, même quand les conditions ne sont pas idéales. Nos pneus ont été performants à Laguna et, avant la victoire de Casey, aucun de nos pilotes n’avait réussi à monter sur le podium. Le fait que Chris et Marco se soient retrouvés sur le podium souligne notre niveau de performance".

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

Un niveau de performance impressionnant, bien mis en valeur, il est vrai par un Casey Stoner au sommet de son art : l’Australien affiche une confiance inébranlable dans son package pneus / moto. D’ailleurs, là où les pilotes Michelin ont connus des changements de taille et de rigidité sur leurs enveloppes, Stoner - en fin limier - souhaite préserver le bel équilibre qu’il a trouvé cet hiver : ainsi si Bridgestone a apporté de nouveaux 16 pouces arrière sur certaines épreuves, le N° 27 n’a pas voulu les utiliser en courses.

Car, comme le souligne Yamada : "il y a plusieurs facteurs qui peuvent affecter la performance du pneu et la nouvelle réglementation laisse peu de place à l’erreur". En clair, il vaut mieux partir sur un terrain connus, car les 31 pneus étant choisis dès le jeudi soir, l’erreur peut se révéler fatale : une situation jugée "stimulante" du côté nippons et que le manufacturier - et certainement pas ses pilotes - ne veut voir changer.

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

"Actuellement Michelin se plaint un peu parce qu’ils ont toujours dominés et que maintenant, Bridgestone a pris l’ascendant", analyse l’ancien champion Jorge Martinez. Un avis partagé par nombre de ses pairs dont Stoner évidemment : "j’ai eu de mauvaises courses cette année, spécialement en Allemagne et je ne dis pas que le règlement n’est pas équitable".

L'australien qui a pris - aussi ! - la tête du trophée BMW M à Laguna Seca - établi au cumul des temps enregistrés lors des séances de qualification et de la séance officielle de pré-saison - répond ainsi aux allégations de Rossi et de Pedrosa qui aimeraient que le règlement soit révisé au nom de la concurrence et du "spectacle"…

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

Un spectacle qui n’en est pas devenu monotone pour autant, comme le montre les statistiques des podiums établis sur les 11 GP disputées :

  • 7 victoires Bridgestone, soit 63% de succès
  • 3 podiums 100% nippons contre 1 seul pour le manufacturier français
  • 55% des secondes places et 45% des troisièmes assurées par Michelin

Bref, s’il est vrai que Michelin et ses pilotes sont maltraités, aucunes des parties ne peut sérieusement accuser Bridgestone de monopole écrasant !

Les manufacturiers, facteur clé du MotoGP ?

Pour Angel Nieto - présent à la course Américaine -, "on parle trop des pneus. On dirait que ce sont eux qui font gagner ou perdre, mais je crois que les pneus fonctionnent quand le châssis et tous les autres éléments de la moto sont en place. Ils peuvent toujours être plus ou moins performants, mais si le châssis pose problème, ils vont s’user plus vite et le pilote ne sera pas à l’aise".

Une déclaration qui donne à réfléchir quand on sait les problèmes d’équilibre dont souffrait la M1 l’an passé et les récurrentes plaintes des pilotes Honda concernant l’avant et la motricité de leur RCV212 cette année...

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