
L'association 40 millions d'automobilistes et la Fédération nationale de l'automobile (FNA) sont à l'initiative de l'opération Transparence dans 2500 stations-service indépendantes françaises. Objectif : rappeler que l'État est le principal gagnant de l'essence à deux euros.
Tandis que le litre d'essence continue sa flambée au-dessus des 2 euros du litre et que le gasoil s'approche dangeureusement du cap des 2,30 euros, chacun se pose la même question au moment de passer à la caisse : qui profite de cette envolée spectaculaire, pour rappel initiée par le conflit en Iran début mars ?
Les producteurs de l'Or noir ? Les pétroliers ? Les raffineurs ? Les distributeurs ? Les stations-services ? Tous se défendent, de façon plus ou moins crédible, d'être des "profiteurs de guerre" qui engrangent des super-profits grâce à la spéculation. Pour y voir plus clair, 40 millions d'automobilistes et la Fédération nationale de l'automobile (FNA) font jouer la carte de la transparence dans les stations-services.
Et pas n'importe lesquelles : les stations-services dites "indépendantes", qui ne sont ni affiliées aux pétroliers (Total, Elf, Shell, etc.) ni à la grande distribution (Carrefour, Leclerc, Système U…). Autrefois majoritaires en France (40 000 en 1980), ce sont les stations du coin de la rue où l'on trouvait encore un pompiste dans un passé récent. Désormais, ce sont les Grandes et moyennes surfaces (GMS) qui se taillent la part du lion avec 50% de la distribution de carburant.

"2 500 stations-service indépendantes vont désormais afficher clairement, à leur caisse, le détail précis du prix d’un litre de carburant", expliquent 40 millions d'automobilistes et la FNA dans un communiqué commun. Toutes les stations participantes afficheront "une fiche pédagogique", à télécharger ici, pour illustrer concrètement le montant de chaque poste du litre de carburant.
Cette Opération Transparence entend apporter une information claire et lisible à tous les usagers et, surtout, "mettre en lumière la réalité économique qui se cache derrière le prix affiché à la pompe". A savoir que, non, les gérants de station-service ne se gavent pas ! Bien au contraire : leur marge brute n'atteint même pas dix centimes (0,067 cts) sur un litre de carburant à deux euros.
Mais alors, qui empoche le gros lot ? L'État français, pardi ! Chaque litre d'essence ou de gasoil vendu 2 euros lui rapporte respectivement 1,17 euros et 1,09 euros sous forme de taxes diverses et de TVA (dont de la TVA sur ces mêmes taxes : faut pas se gêner !). En clair : la fiscalité appliquée sur le carburant excède largement le coût de la matière première elle-même !
"Face à un niveau de taxation qui dépasse largement la moitié du prix à la pompe (50 à 60%, NDLR), il est important que les automobilistes comprennent que les stations indépendantes ne sont pas celles qui profitent de la situation", explique Aliou Sow, secrétaire général de la Fédération nationale de l’automobile.
"Quand un automobiliste (ou un motard, NDLR) fait le plein, il ne paie pas seulement son carburant : il finance surtout une fiscalité devenue totalement disproportionnée. Dans ce litre de carburant, le grand gagnant n’est pas la station-service, mais bel et bien l’État", dénonce Philippe Nozière, président de 40 millions d’automobilistes.
"La mobilité n’est pas un privilège : c’est une nécessité pour des millions de Français" conclut le délégué général de l’association, Pierre Chasseray. Réponse du gouvernement : abaisser ces taxes est impossible en raison du déficit. Un discours contestable puisque le budget 2026 a été calculé sans tenir compte des énormes recettes actuellement engrangées sur les carburants…
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