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FORCE VERTE
Paris, le 7 février 2006

Randy face aux meilleurs mondiaux...

Randy face aux meilleurs mondiaux...

Pour la huitième fois, Randy de Puniet dispute le championnat du monde de vitesse. Mais 2006 marque un tournant décisif dans la carrière du pilote qui accède à la catégorie ultime au sein du Team officiel Kawasaki. Le Ninja français raconte...

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La moto, Randy est tombé dedans quand il était petit : fils du pilote Arnaud de Puniet, son prénom est un hommage au pilote américain Randy Mamola himself !

Né le 14 février 1981, il effectue ses premiers tours de roue à trois ans et ses débuts en compétition à six. Randy devient champion de France National 125 cc dès 1997 et conserve son titre en 1998. Cette même année, le parisien termine à la 9ème place du championnat d'Europe et participe à son premier Grand Prix au Paul Ricard : classé 27ème sur la grille, il termine à la 17ème place.

Ces belles prestations lui permettent d'entrer dès l'année suivante dans la ronde du Continental Circus. Lors de ses deux années en championnat mondial 125 cc, le français peine à finir ses courses dans le top 10. Mais il prouve, surtout lors des séances qualif, qu'il peut rouler vite !

5 victoires, 22 podiums et 9 poles

En 2001, il passe en catégorie 250 cc sur une moto dont les dimensions correspondent mieux à son gabarit. Son Aprilia compé-client lui permet de réaliser de bons chronos qualif mais elle ne tient pas la cadence en course. A trop vouloir en faire, Randy finit par chuter... à plusieurs reprises. Mais le français persévère et voit ses efforts récompensés en début de saison suivante, au Japon et en France, où il signe deux troisièmes places.

Randy face aux meilleurs mondiaux

C'est le déclic : en 2003, Aprilia aligne Randy au guidon d'une de ses motos d'usine. Ses camarades de jeu - ils se nomment Porto, West, Battaini, Nieto, Elias, Rolfo et Poggiali ! - lui mènent la vie dure, mais Randy monte tout de même neuf fois sur le podium et empoche trois victoires.

Randy attaque très fort la saison 2004 dont il est l'un des grands favoris, mais voit ses espoirs balayés par le petit génie Pedrosa et l'expérimenté Porto, seuls pilotes à le battre au classement final cette année-là.

La saison 2005 se montre encore moins satisfaisante pour le numéro 7 qui, malgré de très belles courses - dont une victoire à jamais gravée dans les mémoires et l'herbe de Donington Park (lire Moto-Net du 25 juillet 2005) -, échoue à la huitième place du classement général. Avait-il la tête ailleurs ?

"Un rêve qui devient réalité"

Dès le milieu de cette saison 2005 - "un peu difficile" selon ses propres termes -, Randy est contacté par Kawasaki : "j’ai eu du mal à y croire", avoue-t-il aujourd'hui. "Pour moi, c’était comme un rêve qui devenait d’un coup réalité ! Me retrouver ainsi soudainement avec la proposition d’un guidon d’usine en MotoGP avait quelque chose d’incroyable !"

L'euphorie passée, Randy prend vite la mesure du challenge : "pour moi, c’est une occasion fantastique de piloter une moto d’usine Kawasaki face aux top mondiaux et j’espère bien justifier la confiance qu'on m'a accordée dès cette année". Randy sait en effet que c'est un audacieux pari sur l'avenir qu'effectue Kawasaki en lui proposant ce guidon plutôt qu'à d'autres pilotes plus aguerris.

Pour honorer ce contrat, le français met les bouchées doubles bien qu'il se soit "toujours entraîné très dur : cette année, j’ai suivi un programme spécifique préparé par le spécialiste sportif de Kawasaki, le docteur Tony Head", explique Randy : "je suis parti en Angleterre à la fin de la saison dernière pour que Tony établisse mon bilan physique complet et à partir de là, il m’a préparé un programme d’entraînement détaillé à suivre durant l’hiver. Il a également mis au point un programme d’entraînement que je vais suivre pendant la saison de façon à être en forme optimum au moment des courses".

"Tout est différent !"

Car bien que piloter une 250 cc ne soit pas une sinécure, dompter une MotoGP demande davantage de physique et d'endurance (lire Moto-Net au guidon de la RCV et de la RS250). Ainsi, lorsqu'on demande à Randy s'il existe des points communs entre les deux motos, la réponse est on ne peut plus claire : "aucun ! Tout est différent ! La seule chose qu’elles ont en commun, c’est d’avoir deux roues et un moteur entre les deux ! Ma première impression du Ninja ZX-RR, c'est que je n’arrivais pas à réaliser combien la machine est fantastique, c’est vraiment le top du top ! Après avoir piloté une machine de MotoGP pour la première fois, je ne voudrais plus jamais piloter un autre type de moto"...

Randy face aux meilleurs mondiaux

Outre cet étrange phénomène d'accoutumance, le ZX-RR, comme tout proto de MotoGP, inspire le respect et la modestie... Ce dont ne semble pas manquer Randy : "actuellement, je n’exploite pas encore tout le potentiel de la moto car je suis davantage en train d’adapter mon style de pilotage afin de compenser l’excès de puissance et les caractéristiques uniques de ces machines de MotoGP. A ce stade, je pense qu’il est plus important de se concentrer sur l’amélioration de mon pilotage en vue de la saison à venir plutôt que de commencer à réfléchir à l’évolution de certains aspects spécifiques".

Pour le moment, Randy s'applique à trouver une "bonne base de réglage que nous pourrons facilement modifier pour s’adapter aux caractéristiques de chaque circuit" et laisse le développement à des pilotes plus expérimentés : son compatriote Olivier Jacque (lire Moto-Net du 16 janvier 2006), son coéquipier Shinya Nakano et le japonais Naoki Matsudo.

Shinya : le maître à dépasser

Un coéquipier qui aura un rôle important à jouer, celui de mentor : "le fait que nous soyons grosso modo du même gabarit en termes de taille et de poids fait que nos réglages individuels ne sont finalement pas trop éloignés. Avec Shinya nous partageons nos informations dans les stands et on a tendance à utiliser les mêmes types de pneus", explique le français.

A la différence des binômes Hayden/Pedrosa, Rossi/Edwards ou Hopkins/Vermeulen, le duo vert profite lui d'un passé commun : "avoir Shinya pour coéquipier est un gros avantage pour moi : c’est un ancien pilote de 250 cc qui est monté en MotoGP, il sait donc parfaitement ce que cela représente pour moi en ce moment ! C’est un excellent compagnon de team, il est prêt à discuter et à partager ses sensations au sujet de la moto ", souligne le "petit scarabée".

Pour sa première saison, Randy de Puniet ne se fixe pas d'objectif précis mais possède un bon repère en la personne de Shinya : "j’espère qu’au fur et à mesure de la saison, je serai en mesure de me hisser à son niveau"... Avant de le battre ?

Randy face aux meilleurs mondiaux

Conscient que l'ensemble des motards français seront derrière lui, notamment le 21 mai au Mans, Randy se veut optimiste mais prudent : "j’ai terminé quatre fois sur le podium au Mans auparavant, mais je dois garder les pieds sur terre pour mon premier MotoGP à domicile ! Bien sûr, je souhaite y réaliser une belle prestation, mais je dois aussi penser à mes objectifs de l’année et ne pas me cantonner à une seule course"...

Enfin, à la question de savoir ce qu'il y a "de mieux dans le fait d’être un pilote de MotoGP", Randy répond sans hésiter : "le fait de pouvoir piloter les motos les plus rapides au monde. Que demander de mieux ?" Gagner !

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