
Confrontés à une insoluble (?) pénurie d'examinateurs, les autorités ont décidé l'automne dernier d'écourter la durée de l'épreuve du permis moto. Elles songent désormais à réduire le taux d'échec en abandonnant l'élimination directe des candidats en cas de faute grave. Les écoles de conduite et les inspecteurs allument leur warning !
Griller un stop ? Changer de voie sans contrôle préalable ? Refuser une priorité ? Heurter un trottoir ou un autre véhicule ? Ce n'est pas permis ! Le jour de l'examen, ces fautes dites graves sont éliminatoires. Pas de seconde chance, le candidat devra se représenter plus tard. Beaucoup plus tard, faute d'inspecteurs.
C'est justement dans le but de réduire ces délais d'attente que depuis le 1er novembre 2025, l'épreuve de conduite du permis A a été réduite de 40 à 32 minutes. Et la Délégation à la Sécurité Routière (DSR) étudie d'autres solutions, dont une particulièrement aberrante !
"Les organisations professionnelles représentatives des Écoles de Conduite, ainsi que le syndicat majoritaire des Inspecteurs et Délégués du permis de conduire et de la sécurité routière expriment leur vive opposition au projet de la DSR qui vise à brader l'examen du permis de conduire", s'insurgent-elles conjointement.

Rien n'est encore acté (ouf !) mais les autorités songent très sérieusement à (attention, c'est ouf…) : ne plus éliminer les apprentis conducteurs qui réaliseraient une faute grave au volant, ce qui révolte légitimement la Fédération Nationale de l'Automobile (FNA) et l'Union Nationale des Indépendants de la Conduite (UNIC).
Ainsi, "le non-respect d’un stop deviendrait admis, s’il n’y avait personne à l’intersection, ou le changement de voie sans contrôler serait autorisé, s’il n’y avait pas de danger", indique la FNA et l'UNIC qui considèrent à juste titre que cette pratique "ferait perdre toute crédibilité à la réglementation routière, aux enseignants de la conduite et aux Inspecteurs et Délégués du permis de conduire et de la sécurité routière".
Plus inquiétant peut-être, elle placerait sur nos routes des conducteurs inconscients des dangers pourtant omniprésents qui les menacent, et indifférents des risques qu'ils font courir aux autres usagers, cyclistes, scootéristes et motards en tête puisque plus vulnérables que les automobilistes ou chauffeurs routiers.

"Pour l’intersyndicale, le respect des règles de conduite et les contrôles de sécurité ne sont pas des détails administratifs. Ils sont même des piliers de la sécurité routière", défendent la FNA et l'UNIC, craignant que "l’administration transformerait cet examen de compétences en une véritable "roulette russe" où le candidat s'en remet au hasard. Inacceptable !"
"Seule une réelle montée en compétences des apprentis conducteurs peut améliorer le taux de réussite à l’examen et garantir une meilleure sécurité routière", estime d'une part les pros de la - bonne - conduite. D'autre part, "seul le recrutement d’inspecteurs du permis de conduire peut permettre de réduire significativement et durablement les délais d’attente". Affaires à suivre sur MNC : restez connectés. Et patients, si vous (re)passez le permis !
.
.
.