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INTERVIEWS CONSTRUCTEURS
Paris, le 22 juillet 2016

Premier semestre 2016 : le bilan marché de KTM

Premier semestre 2016 : le bilan marché de KTM

KTM vient de boucler le premier semestre 2016 sur une hausse de +6,4% et totalise 3458 immatriculations. Le président de la marque autrichienne en France, Éric Antunes, livre ses impressions aux lecteurs de MNC. Premier bilan...

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Moto-Net.Com : Le rétrofit n'a été légalisé qu'à la mi-avril. Quels effets cela a-t-il eu sur votre début d'année ?

Eric Antunes, président KTM France : L'attente a été longue, comme pour beaucoup de nos confrères. L'impact a été négatif bien sûr, car nous avions décidé de ne rentrer à partir de janvier que des motos en version européenne. Dans ces conditions, il nous était impossible de les immatriculer avant la sortie de l'arrêté. De même, nos distributeurs ne pouvaient mettre en route leurs véhicules de démonstration. Cela c'est vu dans les immatriculations jusqu'à mi-avril. Le moral de notre réseau était également au plus bas et nos clients très mécontents. Nous étions tous très tendus et je pense que nous avons perdu des ventes.

"Nos gouvernants ne connaissent pas l'étendue du savoir-faire français sur ce marché"

MNC : Répression routière, interdiction de circuler dans certaines grandes villes, permis A2 pour tous... De nombreux freins - voire "bâtons dans les roues" ! - limitent la pratique du deux-roues motorisé en France. Selon vous, pourquoi la moto est considérée en France comme un problème et non une solution ?

E. A. : C'est dû, je pense, à différents facteurs. L'un des principaux est la méconnaissance de nos gouvernants de notre marché et de son économie. Nous n'avons pas ou peu de fabrication de motos en France et donc nous sommes considérés comme quantité négligeable. Malheureusement, nos gouvernants ne connaissent pas l'étendue du savoir-faire français sur ce marché. KTM a de nombreux fournisseurs français. Nous avons également de gros distributeurs d'accessoires. La France est l'un des pays où il y a le plus d'agents et de petits réparateurs. Tout cet univers est pourvoyeur d'emploi et souvent d'emploi jeune. Tout ce que le gouvernement voit, ce sont les chiffres de la sécurité routière. Et même s'il faut absolument réduire le nombre de morts sur nos routes, le fait que la moto soit synonyme de liberté, à mon avis, les gêne. Dans un monde de plus en plus sécuritaire et bardé d'interdits, nous faisons figure de rebelles, des derniers Gaulois irréductibles. Mais en fait, la majorité des motards sont des gens responsables, la moyenne d'âge dépasse les 40 ans. De plus, il faut se méfier des chiffres bruts car souvent la vérité est ailleurs. Dans les accidents impliquant les motards, une étude a démontré que dans 70% des cas le motard n'était pas responsable, donc cherchons à régler ces 70% et non pas seulement les 30% où le motard est responsable.

MNC : Côté vente en revanche, ces nouveaux textes ou normes peuvent favoriser le marché du neuf... À quel point votre marque tient-elle compte de ces évolutions, en particulier en France ?

E. A. : A mon sens elles ne vont pas favoriser notre marché du neuf. Redistribuer les cartes, peut-être. Si nous prenons par exemple l'interdiction de circuler pour une partie des motos d'avant 2000, cela peut effectivement relancer les ventes de motos d'occasion plus récentes et par ricochet les ventes de neuves. Si nous parlons de l'accès au permis A limité par le passage en A2 pour deux ans en préambule, cela va être un frein aux ventes de motos neuves d'un certains type. Cet arrêté est passé un peu rapidement et ne laisse pas aux marques le temps nécessaire de pouvoir proposer de nouveaux véhicules attrayants pour des clients d'une quarantaine d'année par exemple. Bien entendu, nous regardons tout cela de près afin de réagir au plus vite sur nos plans de productions et les quantités par modèle. Mais sans un minimum d'anticipation et de discours avec le gouvernement, cela devient compliqué.

MNC : Quel bilan tirez-vous de vos six premiers mois ?

E. A. : Un premier trimestre très compliqué du fait de l'arrivée tardive de l'arrêté de fin des 100 ch. Nous sommes repassés en positif au cumul dès la fin avril et depuis cela se passe plutôt bien. Le fait de pouvoir acheter des KTM en version EU semble plaire aux clients. A fin mai, nous étions en tête des ventes des gros roadsters avec la Super Duke. Nous avons multiplié les ventes de nos Super Adventure également. Notre nouvelle 690 Duke dépasse nos prévisions et nous en manquons. Les petites Duke 125 et 390 sont en avance par rapport à l'an dernier, donc sur les routières nous fonctionnons bien. Notre gamme routière plait aux clients et c'est une bonne nouvelle pour KTM. Nous commençons a livrer nos nouvelles Enduro qui sont très attendues. Nous devrions voir les premières immatriculations courant juillet. Cela décale un peu nos résultats, mais nous le savions. Nous finissons le premier semestre à +2.6% sur un marché à +4%. C'est un bon résultat.

MNC : Comment se présente votre second semestre 2016 ?

E. A. : Si le marché reste a ce niveau sur les routières et que nos livraisons d'Enduro ne souffrent pas de retard, le second trimestre devrait être le reflet du premier et nous l'espérons meilleur. L'EICMA (le Salon de Milan du 8 au 13 novembre, NDLR) montrera de belles nouveautés, avec nous l'espérons une arrivée en fin d'année. Je suis confiant, même si le marché global

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