Valentino Rossi, auteur d'une pole position record au Mugello, s'est battu jusqu'au dernier tour du Grand Prix d'Italie 2018 pour figurer sur le podium devant "son" public. Cette troisième place alliée aux difficultés de Viñales et Zarco lui permettent de remonter à la deuxième place au provisoire, à 23 points de Marquez qui a chuté ! Débriefing.
Valentino Rossi, Yamaha-Movistar (1er en qualifs et 3ème en course) : "Je pense que nous avons très bien travaillé. Ma pole position d’hier a vraiment été décisive pour ce podium. Toutefois je savais qu’en course nous allions souffrir car nous devions utiliser le pneu dur à l’avant et dans ce cas, tout devient plus compliqué... Mais sur la fin, j’ai tout de même réussi à me forger une petite avance !"
"A un moment donné j’étais un peu désespéré et je me disais que ce podium allait peut-être m’échapper... Au fond de moi, j’avais un petit espoir car mes adversaires avaient opté pour des pneus tendres. Sur la fin, ça n’a pas été évident face à Andrea Iannone. Il m’a battu cette année à Austin et à Jerez… Alors, je me suis dit "pas cette fois, j’ai fait tellement d’efforts pour arriver sur le podium, je ne peux pas lâcher maintenant !"
"Ce podium ici au Mugello n’a pas de prix. C’est une sensation incroyable que de se retrouver face à cette marée jaune sur le podium. Je voudrais tous les remercier. C’est mon troisième podium de la saison et je remonte en deuxième position au championnat, autant dire que je suis content. Ceci étant, je veux me battre pour la victoire : nous devons donc améliorer la moto. Sur un tour nous sommes désormais bien, mais sur la durée d’une course ce n’est pas encore ça"...
L'analyse Moto-Net.Com : Valentino Rossi a de nouveau fait parler sa longue expérience pour venir à bout d'adversaires bien déterminés à monter sur le podium du GP d'Italie 2018. A commencer par son compatriote Andrea Iannone, redoutablement consistant en fin de course, tout comme son jeune équipier Alex Rins !
Mais le nonuple champion du monde - premier pilote de l'histoire à atteindre 5000 points en catégorie reine - est parvenu à déjouer toutes les attaques pour franchir la ligne d'arrivée derrière les Ducati officielles de Lorenzo et Dovizioso et devant les Suzuki officielles de Iannone et Rins. Un vrai sandwich, dans lequel la Yamaha fait figure d'ingrédient isolé !
Car le fait est que les M1 ont de nouveau souffert au Mugello, un constat inquiétant sur ce circuit où les Yamaha sont habituellement à l'aise... Rossi - 3ème à 6,629 sec - est en effet le premier représentant du blason d'Iwata, loin devant Maverick Viñales (8ème à 11,060 sec) et Johann Zarco (10ème à 17,644 sec).
Autrement dit : sans Valentino Rossi, Yamaha n'avait aucun pilote dans le Top 5 hier en Italie. Rappelons que la dernière victoire du constructeur japonais est également à mettre au crédit de son plus vieux expérimenté pilote : c'était au GP des Pays-Bas 2017, soit déjà 15 courses sans succès... Et à ce stade, rien ne laisse espérer une rapide inversion de cette tendance.
"J'espère que Yamaha pourra régler ces problèmes, qu'ils reçoivent le message et se mettent au travail !", s'agace Viñales en rappelant que le blason d'Iwata l'a débauché de chez Suzuki en lui promettant "une moto pour gagner, pas pour finir 7ème et me battre avec des Ducati satellites" !
Ces problèmes, quels sont-ils ? Le manque de grip à l'arrière pour commencer, ce mal récurrent apparu en 2017 et qui perdure course après course malgré des évolutions majeures et le retour à des solutions châssis de 2016, pendant l'ère Lorenzo.
Cette motricité défaillante serait, selon Rossi et Viñales, à imputer à une électronique en retrait par rapport aux Ducati et aux Honda. Johann Zarco, jusqu'à présent épargné sur sa M1 satellite, s'est à son tour retrouvé confronté à ce problème ce week-end : le français n'a rien pu faire pour l'éradiquer et a subi pendant toute la course une moto jugée "instable".
"Si le pilote n'a pas le contrôle de cette motricité à l'arrière, il ne peut presque rien contrôler", précise le n°5 qui a terminé l'épreuve en forçant sur sa moto, ce qui l'a épuisé. "Une course à oublier", déplore le pilote Tech3 qui descend à la 5ème place au général.
Autre mal directement lié à ce souci d'adhérence : la Yamaha M1 est assez lente dans les lignes droites - toutes proportions gardées ! -, car ses pilotes ne parviennent pas à passer toute sa puissance au sol. Rossi est ainsi resté "bloqué" à 345,2 km/h alors que la Ducati de Dovizioso qui le précède montait à 356,5 km/h (+11,3 km/h !)...
Même si Viñales et Zarco font un peu mieux avec respectivement 350,8 et 347,3 km/h, l'écart reste très important. Et les Ducati ne sont pas les seules à déboîter les Yamaha : la Honda de Crutchlow (349,8 km/h), la Suzuki de Iannone (350,0 km/h) et les pourtant récentes KTM de Smith (349,5 km/h) et Espargaro (347,7 km/h) ont toutes atteintes des vitesses plus élevées que Zarco et Rossi !
Or, toute cette distance perdue au moteur en remontant les 1141 m de la ligne droite des stands du Mugello doit être compensée au freinage et en courbes, ce qui implique davantage de contraintes sur l'avant. Voila entre autres pourquoi Rossi est parti avec un pneu dur, tout en étant conscient des limites de ce choix.
Le retour possible de Jorge Lorenzo au sein du clan Yamaha en 2019 - sur une M1 privée - sera-t-il de nature à aider le blason d'Iwata à retrouver la voie du succès ? Rossi le pense, même s'il admet que cette situation serait "compliquée, car Lorenzo va très, très vite".
"Jorge est capable de piloter la M1 à merveille", reconnaît sportivement le Docteur qui est suffisamment intelligent pour mesurer les bénéfices à en retirer. Quitte à souffrir de la comparaison si d'aventure Jorge Lorenzo se montrerait plus rapide que lui sur la Yamaha : "nous sommes déjà dans ce cas de figure cette année avec Johann", rappelle le n°46 qui a passé l'âge de s'embarrasser de faux-semblants !
Car à 39 ans, Valentino Rossi sait que le temps joue contre lui, chaque année un peu plus : sa dernière victoire au Mugello remonte à... 2008 ! Dix ans déjà sans succès à partager avec cette fameuse "marée jaune" qui recouvre les collines toscanes lors du GP d'Italie. Ni son public ni lui n'attendront dix ans supplémentaires !
Les fans du Docteur peuvent néanmoins se consoler avec sa position au provisoire : Rossi remonte à la 2ème place à 23 longueurs de Marc Marquez, soit moins d'une course d'écart. La régularité de l'italien fait de nouveau mouche, de même que sa pugnacité : malgré ses difficultés, le n°46 n'a pas cédé un pouce de terrain devant son public. En cela, le poids des années ne se fait pas sentir... et c'est tant mieux !
.
.
.
Plateau : Les pilotes et leurs motos 2025
02 mars : GP de Thaïlande
16 mars : GP d'Argentine
30 mars : GP des Amériques
13 avril : GP du Qatar
27 avril : GP d'Espagne
11 mai : GP de France
25 mai : GP de Grande-Bretagne
08 juin : GP d'Aragon
22 juin : GP d'Italie
29 juin : GP des Pays-Bas
13 juillet : GP d'Allemagne
20 juillet : GP de République Tchèque (sous réserve)
17 août : GP d'Autriche
24 août : GP de Hongrie (sous réserve)
07 septembre : GP de Catalogne
14 septembre : GP de Saint-Marin
28 septembre : GP du Japon
05 octobre : GP d'Indonésie
19 octobre : GP d'Australie
26 octobre : GP de Malaisie
09 novembre : GP du Portugal
17 novembre : GP de Valence
Commentaires
Ajouter un commentaire
Identifiez-vous pour publier un commentaire.