Le Grand Prix de Grande-Bretagne 2019 se dispute ce week-end à Silverstone... Et c'est sur ce même circuit, il y a 40 ans tout rond, que certains d'entre vous ont pu assister à l'un des plus beaux duels entre les champions Kenny Roberts et Barry Sheene. Avec, pour arbitre, un certain George Fogarty... Remember.
Annulé l'an dernier à cause d'une forte averse et - surtout - d'une mauvaise évacuation de l'eau par le nouveau tarmac, le Grand Prix de Grande-Bretagne est sans doute l'un des plus attendus du calendrier 2019. Silverstone doit impérativement se rattraper et assurer cette année un beau spectacle !
Des hordes de gilets casquettes jaunes prient pour un retour gagnant du "vieux" Valentino Rossi, les supporters français rêvent que le jeune Fabio Quartararo fasse retentir la Marseillaise (20 ans après Laconi), et de nombreux fans espèrent un nouveau duel entre Marc Marquez et Andrea Dovizioso...
Pour patienter jusqu'à dimanche (départ à 14h, heure française), Moto-Net.Com remonte 40 ans en arrière... L'une des toutes dernières courses des années 70 allait devenir l'une des plus mémorables : il s'agit bien sûr du GP de Grande-Bretagne 1979 !
À domicile, le double champion du monde (1976 et 1977) Barry Sheene avait à coeur de devenir le premier pilote britannique à remporter son Grand Prix national sur la piste de Silverstone. Pour cela, il devait battre le champion du monde en titre et leader du championnat, Kenny Roberts...
Largement dominé par le "Number One" Yamaha lors des qualifications (5ème chrono à 1,7 seconde de la pole position record de l'américain !), le n°7 Suzuki est pourtant parvenu à retenir son adversaire en début de course, le forçant à disputer l'un des plus beaux duels de l'histoire du Continental Circus !
"Sur toute ma carrière, il y a deux courses dont les gens me parlent en disant "J'étais à cette course" et je sais tout de suite ce qu'ils veulent dire", se remémore Roberts. "En Amérique, c'est en référence à ma victoire à Indy sur la Yamaha 2-temps en 1975, et en Angleterre c'est au sujet de la course de Silverstone en 1979. C'est l'une de ces courses qui restent gravées dans les souvenirs des gens".
Le GP de Silverstone 1979 est effectivement resté dans les mémoires, et pour cause : "on échangeait de position à chaque tour ou presque. Barry passait devant moi, me ralentissait, puis je repassais devant pour reprendre le rythme et lâcher nos poursuivants", relate celui qu'on surnommait alors le "nain jaune".
Tenace, Sheene "repassait à son tour, ce qui me poussait à dire : "Bon sang, mais avance !" Je savais que je ne pouvais pas le distancer, mais je ne voulais pas qu'il nous ralentisse, permettant éventuellement aux autres de revenir. Je voulais donc lui faire comprendre qu'il fallait attaquer, mais Barry l'a mal pris...", se souvient Roberts.
Si le petit geste de la main de la part de Kenny est passé inaperçu, la réponse de Barry, elle, est devenue légendaire : "il y a une photo célèbre où il me fait un signe dans son dos ! Nous savions tous les deux que tout se jouerait dans le dernier tour, car aucun des deux ne pouvait prendre un avantage net. Et comme prévu, la course s'est dénouée au dernier tour, dans le dernier virage, et j'ai réussi à l'emporter".
À cette époque, les temps au tour étaient enregistrés au centième de seconde près : l'écart de 0,03 seconde qui sépara finalement l'YZR500 de la RG500 sur la ligne d'arrivée fut alors le plus faible jamais constaté à l'arrivée d'une course en catégorie reine !
En rembobinant légèrement la vidéo (voir ci-dessous), on découvre que ce somptueux final s'est principalement joué à un tour du drapeau à damier : alors qu'ils avaient définitivement largué Wil Hartog, les deux champions ont eu à doubler plusieurs retardataires. Et c'est en arrivant sur un certain George Fogarty que tout - ou presque - s'est joué...
En tête de la course, "King Kenny" n'a eu aucun mal à s'imposer sur les freins et à l'intérieur du père du futur "King Carl" dans Woodcote, la cassure à droite qui commandait alors la ligne d'arrivée. Deuxième à quelques longueurs, "Bazza" a du prendre une option plus délicate - doubler par l'extérieur -, ce qui lui a fait perdre le contact sur le leader.
Hors "course" pour le titre mondial et bien décidé à s'imposer sur ses terres, Sheene s'est alors lancé dans un dernier tour d'anthologie, jouant le tout pour le tout et terminant non pas derrière, mais à côté de son grand rival sous les hourras de "son" public.
Pour la petite histoire, Barry Sheene n'en a pas voulu à George Fogarty - ou quelques minutes seulement... - puisque 22 ans après cet historique et grandiose défaite (!), le britannique exilé en Australie correspondait avec le fiston, Carl...
Il y a quelque temps, le quadruple champion du monde Superbike est retombé sur un fax que lui avait adressé Barry le 24 décembre 1992. Interrogé par Carl sur la trajectoire à suivre pour sa carrière (Grand Prix ou Superbike ?), le double champion GP500 avait formulé une réponse aussi claire qu'avisée. En voici la traduction :
Salut Carl,
Merci pour ton fax, je laisserai traîner une oreille pour toi.
Le problème est que toutes les bonnes places sont prises et il vaut mieux rester sans guidon que de rouler pour une bande de branleurs. Je pense que le choix le plus sensé que tu puisses faire est de rester disponible. Si un gars sur une bonne moto venait à se blesser, je ferai de mon mieux pour essayer de te placer. Salue ton papa de ma part et passe un joyeux Noël.
Cordialement
Barry
En 1993, Carl Fogarty signait finalement un contrat avec l'usine Ducati en World Superbike, jouant directement le titre contre le pilote Kawasaki Scott Russel. "La suite appartient à l'histoire", conclue le "King Carl", couronné en 1994, 1995, 1998 et 1999. Bien vu, Barry !
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