Seules des séries spéciales haut de gamme sortiront désormais de l'usine Triumph d'Hinckley (Royaume-Uni), qui se recentrera sur le développement de ses futures motos. Comme les futures petites et moyennes cylindrées prévues en partenariat avec le géant indien Bajaj ? Explications.
Une page se tourne pour Triumph : la marque anglaise a annoncé le 20 février à ses salariés son projet d'intensifier la délocalisation de la fabrication de ses motos dans ses trois usines thaïlandaises. Shocking ? Oui et non : seuls l'emblématique Speed Triple et le maxi-trail Tiger 1200 étaient en réalité encore fabriquées au siège d'Hinckley.
Le reste de la gamme provient de Chonburi (Thaïlande) où Triumph possède ses propres structures depuis 2011, sans que cela ne déprécie la qualité de fabrication. Les motos anglaises sont au contraire devenues des modèles de finitions classieuses, en partie justement grâce à la contraction des coûts offerte par l'Asie.
"Une grosse partie de la production sera effectivement fabriquée en Thaïlande", nous confirme le responsable marketing Triumph France. Interrogé par MNC, Éric Pecoraro signale toutefois que les chaînes de montage d'Hinkley tourneront encore pour des "séries spéciales ou des séries haut de gamme".
L'usine anglaise s'occupera a priori d'assembler les luxueux modèles TFC (Triumph Factory Custom, l'équivalent des CVO chez Harley-Davidson) comme la spectaculaire Rocket III TFC et les sublimes Thruxton TFC et Bobber TFC ci-dessous. Probable aussi que l'excitante Daytona Moto2 765 "Limited Edition" sera fabriquée sur le sol de Sa Majesté !
L'activité sera toutefois ralentie à Hinckley, d'où seraient sorties l'an dernier "6500 motos" - Speed Triple, Tiger 1200 et TFC cumulées - selon nos confrères de Motorcycle News, soit "10%" de la production totale de la marque (65 000 unités). Triumph aurait confirmé à MCN que ce ralentissement aurait des conséquences sur l'emploi avec "d'inévitables licenciements".
La marque prévoit néanmoins d'engager du personnel supplémentaire - de profil supérieur - pour développer un centre de recherches et développement de grande envergure à Hinckley : "nous allons embaucher une cinquantaine d'ingénieurs", indique Eric Pecoraro au Journal moto du Net.
"Nous voulons maximiser les opportunités de croissance de la marque à l'échelle mondiale, en particulier sur les marchés asiatiques", explique de son côté le PDG de Triumph, Nick Bloor. "C'est pourquoi nous augmentons nos ressources de conception ici, au Royaume-Uni, et nous concentrons nos capacités de production de masse en Thaïlande".
Cette poursuite de la délocalisation de Triumph en Asie - prévue à partir de mi-2020 - intervient sur fond de Brexit, soit une période potentiellement délicate pour les industriels britanniques en raison des incertitudes économiques liées à la sortie de l'Europe...
La démarche de Triumph, qui fait aussi assembler des motos au Brésil et en Inde pour ses succursales locales ouvertes en 2012, traduit également une volonté de profiter des immenses perspectives de volumes attribuées aux pays dits "émergents".
Dans ce contexte, ce n'est sans doute pas une coïncidence si la marque anglaise fait connaître ce projet de transfert en Thaïlande juste après avoir officiellement relancé son partenariat noué en 2017 avec le constructeur indien Bajaj (par ailleurs détenteur de 48% de KTM).
"Triumph Motorcycles et Bajaj Auto India ont officiellement commencé aujourd'hui leur partenariat passionnant à long terme sans participation à Pune, en Inde", ont dévoilé le 24 janvier les deux partenaires qui vont développer "une nouvelle plate-forme de moteur et de motos dans la gamme de moyenne cylindrée (200 à 750 cc)".
"Ce partenariat stratégique bénéficiera aux deux parties, Bajaj devenant l’un des principaux partenaires de distribution de Triumph sur de nouveaux marchés cruciaux pour la marque dans le monde", développe le constructeur anglais.
Bajaj reprendra notamment les activités de distribution de Triumph en Inde "à une date non encore confirmée", indique le blason d'Hinckley qui se prépare visiblement à faire feu de tout bois en Amérique du Sud, en Inde et en Asie du Sud-Est.
Espérons que le marché européen en retirera quelques "braises", comme cette possible Street Triple de 300 à 500 cc à petit prix dont on rêve depuis 2013 et qui pourrait séduire bien des détenteurs du nouveau permis moto ! A suivre sur MNC : restez connectés !
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