Achetée en 2015 par la société qui gère le British Superbike et six circuits outre-Manche (MSV), la base aérienne de Laon-Couvron (02) devait être reconvertie en un grand circuit excentrique. La pandémie de Covid-19 et le virage négocié par le secteur automobile ont modifié les plans : la piste sera plus petite et électrique ! Explications.
Trop bruyants, trop polluants, trop ringards ? Non, les sports mécaniques ne sont pas morts ! C’est ce que souhaite démontrer l’entrepreneur anglais - et ancien pilote de Formule 1 - Jonathan Palmer en créant le tout premier circuit écologique et autosuffisant au monde. Et ce, dans le nord de la France ! Sceptique ?
L’initiative est pourtant à prendre très au sérieux, puisqu’elle provient du propriétaire - via sa société MotoSport Vision - de six des plus beaux tracés britanniques : Donington Park - menacé de fermeture à son rachat en 2017 -, Brands Hatch, Cadwell Park, Oulton Park, Snetterton Circuit et Bedford Autodrome.
Mister Palmer et son équipe sont également au guidon du British Superbike, le championnat britannique qui se dispute sur les exigeants tracés anglais aux commandes de motos sportives issues du commerce mais totalement dépourvues d’assistances électroniques. Spectacle assuré !
C’est dans cette esprit britannique, un brin excentrique donc, que MSV s’était porté acquéreur en 2015 de l’ancienne base de l'United States Air Forces in Europe (USAFE) : le circuit alors proposé "aurait été l'un des plus rapides et des plus longs d'Europe, conçu pour mettre en valeur les prouesses des voitures à hautes performances, dont la plupart reposent sur de puissants moteurs à essence dont la disparition est prévue en 2035".
"Tous les permis pour le circuit et les approbations d'infrastructures associées ont été obtenus avant février 2019", relatent les anglais qui ont judicieusement mis à profit les deux années suivantes, troublées par la pandémie mondiale de Covid-19, pour revoir intégralement leur projet...
"Après avoir pris en compte la hausse des coûts et le passage des principaux constructeurs des voitures à essence et diesel à la technologie hybride et aux véhicules électriques à batterie, MSV a identifié une opportunité pour Couvron de s'établir à l'avant-garde des sports mécaniques et de la poussée de l'industrie automobile vers un avenir plus vert", expliquent les hommes de Palmer.
Le futur circuit ne mesurera finalement que 3,5 km afin de correspondre aux caractéristiques des voitures - et motos - de course de demain, mais ses concepteurs promettent qu’il sera tout aussi enthousiasmant que celui de 8 km initialement prévu.
Pour légitimer son statut de circuit écologique et autosuffisant, le complexe doit s’équiper dans les trois prochaines années de l’un des plus grands parcs photovoltaïques d’Europe : "environ 300 hectares de terrain seront alloués à la production d'énergie photovoltaïque, qui permettra de produire environ 350 MWc d'électricité", tablent les anglais (pour info, la France augmente de 900 MW/an environ sa production d’énergie solaire depuis 2017).
Bien "naturellement", MSV annonce qu’une "installation respectueuse de l'environnement avec un aménagement paysager étendu est prévue tout au long de celle-ci, avec une date de début d'exploitation prévue dans les quatre ans". Dès 2026 donc, les voitures et motos pourraient mettre les watts sur cette nouvelle piste.
Dans un premier temps même, les quatre et deux-roues "thermiques" pourront ouvrir les gaz en grand ! Ils profiteront d’ailleurs de la nouvelle configuration du circuit : ce dernier se tiendra "plus de deux fois plus éloignée du village le plus proche, Vivaise, que ce qui avait été annoncé précédemment".
Enfin, MSV compte toujours compléter l'activité de son circuit en attirant "des entreprises qui partagent le concept de promotion de la durabilité de l'éco-circuit du Couvron. Il pourrait s'agir de la remise en état et du recyclage de véhicules, du développement et de la fabrication de véhicules électriques pour le sport automobile, ainsi que de la logistique et de la distribution". Affaire à suivre, sur MNC bien sûr !
Jonathan Palmer, directeur général de MotorSport Vision :
"MSV a l'opportunité à Couvron d'être le premier à permettre aux gens de profiter d'un sport mécanique sans émission de carbone en utilisant des véhicules électriques à batterie chargés avec de l'électricité verte provenant d'un vaste parc solaire sur place, ce qui est vraiment passionnant. Nous nous engageons pleinement à embrasser un monde futur à faible émission de carbone, là où nous le pouvons. Nous reconnaissons cependant que le sport automobile, qui représente une fraction infime de l'utilisation des carburants conventionnels par rapport au transport routier, ne pourra évoluer de manière significative en abandonnant les carburants fossiles que lorsque des technologies abordables lui permettront de le faire de manière viable".
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