Le communiqué officiel de Yamaha a donné des frissons aux fans de Grand Prix moto : la firme d’Iwata annonce son retrait du... marché des motoneiges ! Cela jette un froid dans les pays nordiques et entretient les rumeurs d’abandon du MotoGP. Et si la concurrence accordait quelques concessions aux Bleus et à leur compatriote Honda ?
La nouvelle est tombée ce mercredi 28 juin 2023 : "Yamaha Motor annonce son retrait éventuel ("eventual" en version anglaise originale, à traduire par final ou officiel en français, NDLR...) du marché des motoneiges". Les clients nord-américains et nord-européens sont effondrés par cette annonce qui met fin à 55 ans d’histoire(s).
C’est en 1968 qu’est sortie la première motoneige Yamaha, la SL350, confectionnée en trois petites mais laborieuses années. Développé au tout début sur des dunes de sable (!), le premier prototype était si lourd que durant des tests en conditions réelles au Canada, un essayeur s’exclama "ce n’est pas un scooter des neiges, c’est un sous-marin des neiges !"
La marque aux trois diapasons a néanmoins poursuivi ses efforts, durant 55 ans, proposant "des motoneiges pour des activités sportives, de loisirs ou professionnelles, en tant que véhicules de transport adaptés principalement aux régions enneigées d'Amérique du Nord et d'Europe".
Selon l’association internationale des constructeurs de motoneiges (ISMA), le marché aurait atteint 124 769 unités dans le monde en 2023, dont 53 553 aux États-Unis et 48 252 au Canada. À ce jour, 1,26 million de motoneiges seraient immatriculées aux États-Unis et plus de 601 000 au Canada. Pour un constructeur de motos, quads, motomarines (etc.) le marché est alléchant donc, mais très glissant...
"Yamaha visait également à développer ce secteur en introduisant rapidement des modèles à quatre temps respectueux de l'environnement et en nouant des partenariats avec d'autres entreprises. Cependant, Yamaha a conclu qu'il allait être difficile de continuer cette activité durablement". Le millésime 2024 lancé l’automne prochain sera le dernier.
"À l'avenir, Yamaha concentrera donc la gestion de ses ressources sur les branches commerciales actuelles et sur de nouveaux marchés porteurs", comme le vélo à assistance électrique par exemple, dont le nouveau moteur est produit en France au sein de l’usine MBK de St-Quentin (02).
Les japonais laissent ainsi le champ - de poudreuse - libre à ses trois concurrents nord-américains : le canadien BRP (qui produit les fameux Ski-Doo, ainsi que les futures motos électriques Can-Am) et les deux américains Artic Cat et Polaris (maison mère d’Indian Motorcycle).
Ce retrait inattendu en évoque un autre plus retentissant encore : celui de Suzuki, parti des Grand Prix moto à la fin de la saison dernière alors que ses GSX-RR évoluaient fréquemment aux avant-postes (Joan Mir a décroché le titre MotoGP en 2020, pour rappel), contrairement aux GSV-R dont le manque de résultat avait légitimé un premier retrait, fin 2011...
Or la crise "sportive" qu’avaient expérimentée les Jaunes d’Hamamatsu il y a une décennie d’une part, et la crise économique qui a entraîné leur nouvelle dérobade l’an dernier de l’autre, paraissent s’accumuler aujourd’hui sur leurs compatriotes : les Bleus d’Iwata et les Rouges de Tokyo.
Rendez-vous compte chers Moto-Nautes : il y a deux semaines au Sachsenring (Allemagne) et pour la toute première fois en 54 ans d’histoire(s), aucun constructeur nippon ne figurait dans le Top 10 de la catégorie reine d’un Grand Prix !
À force d’attaquer à outrance pour - tenter vainement de - suivre le rythme des motos européennes (Ducati en tête, mais les Aprilia n’étaient pas loin l’an dernier et les KTM marchent de plus en plus fort cette année), les pilotes Honda comptent plus de points de suture que de points au championnat... Et Fabio Quartararo aussi se fait bobo.
Respectivement quatrième et cinquième au classement provisoire des constructeurs MotoGP 2023, Honda (89 points avec quatre RCV) et Yamaha (82 points avec deux M1) n’ont plus décroché de Top 5 en course - la vraie du dimanche, pas le sprint du samedi - depuis leur podium conjoint à Austin (Texas, USA) ! Au secours ?
"Nous travaillons sur la possibilité d'aider non seulement Honda mais également Yamaha afin qu'ils puissent redevenir compétitifs plus rapidement", a déclaré Carlos Ezpeleta, responsable sportif de la Dorna, lors d’une interview accordée à la station Catalunya Radio (podcast ci-dessous).
"Honda et Yamaha ont été très prévenants avec les règles de concession par le passé", a souligné le fiston du patron Carmelo, prétextant que "c'était vital pour que Ducati et Suzuki soient compétitifs aussi rapidement et pour que KTM et Aprilia intègrent officiellement le championnat du monde en étant au niveau également.
Les GO des GP (Gentils Organisateurs des Grand Prix, oui) considèrent que "le système de concessions doit être mis à jour" et comptent sur le fair-play des italiens et des autrichiens pour sortir les japonais de l’impasse... Affaire à suivre sur MNC, restez connectés !
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Plateau : Les pilotes et leurs motos 2025
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22 juin : GP d'Italie
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