Les difficultés de Yamaha à revenir au sommet de la catégorie reine sont à l'origine de rumeurs sur son potentiel retrait du MotoGP, à l'image de son compatriote Suzuki l'an dernier. Le directeur du programme compétition, Lin Jarvis, écarte cette mauvaise piste.
Malgré de gros progrès sur la puissance de son 4-cylindres en ligne, Yamaha continue à souffrir face aux abouties Ducati, aux équilibrées Aprilia et aux KTM en pleine progression. Fabio Quartararo, chef de file du clan d'Iwata, ne pointe qu'au 9ème rang après cinq courses avec déjà 45 points de retard sur le leader Francesco Bagnaia.
De quoi frustrer le champion du monde 2020 - qui réclame haut et fort plus d'évolutions -, mais également générer des inquiétudes dans le paddock… "Et si Yamaha quittait le MotoGP ?", chuchote la rumeur, alors même que le blason d'Iwata n'aligne plus que deux motos en catégorie reine cette saison. Soit le plus faible engagement des cinq constructeurs sur la grille !
Si la longue pause actuellement observée - trois semaines entre le GP de France et la prochaine course en Italie - est propice à ce genre de "bruits de couloir", cet hypothétique retrait de Yamaha n'est pourtant pas à prendre à la légère. D'une part car l'YZR-M1 n'est plus ce modèle d'équilibre et d'efficacité qui a mené Rossi, Lorenzo puis Quartararo au sacre suprême.
Le prototype des Bleus exige une mise à jour aussi profonde que coûteuse, notamment sur les plans électronique et aérodynamique : les ailerons et le profil aéro des carénages de la Yamaha n'ont pas évolué significativement depuis plusieurs saisons. Impossible dans ces conditions de lutter à armes égales avec Ducati, nouvel épouvantail du MotoGP avec ses avancées audacieuses.
Revenir au premier plan passe donc par de gros investissements et d'intenses développements, aspects compliqués à mettre en place en cette période de "vaches maigres" et de chutes d'audiences. En cela, Yamaha accuse le contrecoup du départ en retraite de son icône mondiale Valentino Rossi : malgré son immense talent, Fabio ne lui apporte pas - encore ? - la même notoriété.
Cette mauvaise passe - Yamaha est dernier au classement provisoire constructeur - est-elle de nature à remettre en cause l'engagement de la marque aux diapasons en Grands Prix moto ? Pas à en croire le directeur de Yamaha Motor Racing : "Je n'y crois pas", assure Lin Jarvis ci-dessous à nos confrères de Speedweek.
"J'ai suivi ces "suppositions" dans les médias ces derniers jours", reconnaît le dirigeant britannique. "Elles apparaissent partout, car beaucoup de personnes mettent ces questions sur la table. On ne peut pas nier que Yamaha et Honda ont du mal en ce moment en MotoGP : il y a 16 motos de constructeurs européens dans le championnat, mais seulement six du Japon", note-t-il.
"Je ne peux pas parler au nom de Honda, mais je peux assurer que je ne vois ni ressens aucun manque d'engagement chez Yamaha, et ce du top management jusqu'à plus bas", affirme Lin Jarvis, qui aurait récemment encore reçu "le soutien très énergique" des décideurs Yamaha : Yoshihiro Hidaka et Éric de Seynes, respectivement président de Yamaha Motor et directeur de Yamaha Europe.
"Ils reconnaissent ce que la course a apporté à la marque Yamaha et ce qu'elle continuera à apporter à notre image à l'avenir", fait savoir Jarvis. "Ils ont pu vivre, voir et expérimenter de près notre niveau actuel (lors du GP d'Espagne, à Jerez, NDLR). Ils savent aussi ce dont nous aurons besoin à l'avenir : des investissements et des changements dans notre façon de travailler. Nous avons eu de bonnes discussions sur ces sujets".
"Je ne vois aucun signe d'un retrait des Grands Prix chez Yamaha", martèle le directeur du programme sportif des Bleus, lucide toutefois sur la vitesse à laquelle les tendances peuvent évoluer... Exemple récent avec le départ brutal et inattendu de Suzuki, pourtant sous contrat jusqu'à fin 2026 avec le promoteur Dorna Sports !
"En même temps, il faut être réaliste : si vous regardez la situation chez Suzuki il y a un an, ils ne l'ont pas vu venir non plus", admet Jarvis. "Mais, personnellement, je n'ai aucun doute. Espérons que ça reste comme ça". L'espoir fait vivre, mais suffira-il à faire de nouveau gagner la M1 ? Restez connectés !
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Plateau : Les pilotes et leurs motos 2025
02 mars : GP de Thaïlande
16 mars : GP d'Argentine
30 mars : GP des Amériques
13 avril : GP du Qatar
27 avril : GP d'Espagne
11 mai : GP de France
25 mai : GP de Grande-Bretagne
08 juin : GP d'Aragon
22 juin : GP d'Italie
29 juin : GP des Pays-Bas
13 juillet : GP d'Allemagne
20 juillet : GP de République Tchèque (sous réserve)
17 août : GP d'Autriche
24 août : GP de Hongrie (sous réserve)
07 septembre : GP de Catalogne
14 septembre : GP de Saint-Marin
28 septembre : GP du Japon
05 octobre : GP d'Indonésie
19 octobre : GP d'Australie
26 octobre : GP de Malaisie
09 novembre : GP du Portugal
17 novembre : GP de Valence
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