Aleix Espargaro n'a jamais été aussi compétitif de toute sa (déjà) longue carrière - 4 podiums dont une victoire - et pourtant Aprilia tarde à lui proposer le contrat auquel l'espagnol aspire pour 2023 ! De quoi sérieusement agacer l'aîné de la fratrie Espargaro… Explications.
Quel premier tiers de saison de la part d'Aleix Espargaro sur l'Aprilia RS-GP ! Dans le coup dès l'ouverture au Qatar (4ème), le pilote catalan de bientôt 33 ans - le 7 juillet - s'est ensuite offert sa toute première victoire au Grand Prix d'Argentine, premier succès également pour le blason de Noale en MotoGP 4-temps.
Une libération pour le n°41, jamais aperçu sur la plus haute marche d'un podium depuis son arrivée en Grands Prix moto en 2005 : soit déjà 17 ans à courir après la victoire ! Mieux encore : Aleix Espargaro enchaîne ensuite trois troisième places consécutives au Portugal, en Espagne et dimanche dernier en France.
Cette régularité qui cette année fait défaut à ses rivaux - aucun n'a autant de podiums - le propulse deuxième au provisoire, à seulement quatre unités de son leader Fabio Quartararo (98 pts contre 102). A l'image du champion français, Aleix Espargaro est par ailleurs le seul à avoir inscrit des points sur chacune des sept courses disputées.
Aprilia hérite grâce à lui - et pas à Viñales, à la cave sur la RS-GP… - de la première place au classement par équipe et se hisse au troisième rang du classement constructeur, à 54 points de l'armada Ducati et à seulement trois longueurs de Yamaha : du jamais-vu pour la marque italienne en catégorie reine !
"Je suis extrêmement ravi du niveau que nous avons atteint, de la manière dont je pilote ainsi que de l’atmosphère régnant au sein de ce team", se réjouit Aleix Espargaro. "Ils mettent à ma disposition la moto dont je rêvais : tous les changements que j’avais demandés, je les ai eus cette année".
Mais alors les planètes s'alignent enfin pour le duo Aprilia Espargaro - après cinq saisons de vaches maigres -, les deux parties peinent à s'accorder pour prolonger l'aventure : Aleix Espargaro, en fin de contrat, ne cesse d'invectiver les dirigeants transalpins pour obtenir sa reconduction pour 2023.
"Vous connaissez tous l’estime que j’ai pour Aprilia : c'est ma "maison", ma moto et je veux rester. Des certitudes me donneraient maintenant plus de sérénité", a-t-il fait savoir, un brin dépité, à la descente de son quatrième podium au Mans (72). "Je ne sais plus quoi dire à ce sujet, si ce n'est que ce n'est pas moi qui décide"...
"Nous pensions que ça allait être plus facile, en raison de tout ce qu’Aleix donne à l’usine", ajoute son agent Albert Valera, qui gère également les carrières de Jorge Martin et du prodige Pedro Acosta. "Nous sommes un peu surpris et déçus de ne pas être parvenus à un accord jusqu’à présent".
Aleix Espargaro va même plus loin, avec sa fougue habituelle : "Si Aprilia laisse partir un pilote qui réalise ce que je suis en train de faire, ce serait la plus grosse connerie de l’histoire du championnat du monde". Rien que ça !
Des propos emplis de modestie (!) qui font réagir le directeur du team Aprilia : "Le renouvellement d'Aleix est notre priorité : son contrat ne devrait pas tarder à venir", assure Massimo Rivola, conscient du caractère explosif de son actuel pilote phare, qu'il n'hésite pas à qualifier de "Il capitano"...
"Si Aleix est vraiment "le Capitaine" comme Aprilia le dit, cela doit aussi se traduire par un contrat digne de cette position", rebondit Albert Valera. "Nous avons fait un gros effort, conscient de la situation économique actuelle, mais le niveau atteint par Aleix cette année justifie une amélioration de ses conditions".
Ce qui nous mène au noeud du problème : l'argent, évidemment ! Aleix Espargaro - dont le salaire est estimé à 1,5 millions par saison - attend une rallonge d'Aprilia, fort de sa position avantageuse. Or, les premières offres reçues ne sont pas satisfaisantes selon Valera : "une très faible" revalorisation lui a été proposée, déplore l'agent espagnol.
"Ce que je demande me semble très normal", estime Aleix Espargaro. "En fait, ce n'est même pas normal : mes demandes sont en dessous du marché mais je suis conscient d'où je suis et de l'âge que j'ai. Pour autant, le mot juste selon moi est "respect".
Le fait qu'Aprilia rechigne à accéder à ses demandes n'est pas qu'une question économique : le constructeur italien se tient également à l'affût des opportunités qui viennent de s'ouvrir avec l'inattendu retrait de Suzuki ! Cette annonce choc a donné un coup de fouet au marché des transferts, avec deux pilotes supplémentaires à caser : Joan Mir et Alex Rins.
Rappelons qu'à ce jour, seuls quatre pilotes sont sous contrat pour 2023 : Marc Marquez (Honda), Francesco Bagnaia (Ducati), Franco Morbidelli (Yamaha) et Brad Binder (KTM). Tous les autres sont libres de changer d'équipe et de motos l'an prochain, y compris le champion en titre Fabio Quartararo !
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Plateau : Les pilotes et leurs motos 2025
02 mars : GP de Thaïlande
16 mars : GP d'Argentine
30 mars : GP des Amériques
13 avril : GP du Qatar
27 avril : GP d'Espagne
11 mai : GP de France
25 mai : GP de Grande-Bretagne
08 juin : GP d'Aragon
22 juin : GP d'Italie
29 juin : GP des Pays-Bas
13 juillet : GP d'Allemagne
20 juillet : GP de République Tchèque (sous réserve)
17 août : GP d'Autriche
24 août : GP de Hongrie (sous réserve)
07 septembre : GP de Catalogne
14 septembre : GP de Saint-Marin
28 septembre : GP du Japon
05 octobre : GP d'Indonésie
19 octobre : GP d'Australie
26 octobre : GP de Malaisie
09 novembre : GP du Portugal
17 novembre : GP de Valence