Non, Rossi n'est pas fini ! A l'issue du GP d'Espagne la semaine dernière, le doyen du MotoGP n'était pourtant plus qu'un vieux pilote à bout de souffle et trahi par sa mécanique. Mais hier au GP d'Andalousie, le n°46 est redevenu un redoutable tacticien et fin metteur au point. La roue tourne...
Valentino Rossi, Yamaha Factory (4ème en qualifs et 3ème en course) : "Je suis très heureux car cela fait longtemps que je ne suis plus monté sur le podium. Nous sortons d'une mauvaise période avec de mauvais résultats. Ce week-end, nous avons donc commencé à travailler d'une façon différente".
"Je suis très heureux du travail qu'a accompli David Munoz et le reste de mon équipe a également bien bossé. J'ai pu faire un bon tour dès le départ et la suite de la course a été très longue, mais je suis content d'être de retour sur le podium. Pour moi, ce n'est pas tout à fait comme une victoire mais ça y ressemble !"
L'analyse MNC : Rossi est terminé, il doit céder son guidon à plus rapide et plus jeune que lui, il ternit sa fabuleuse carrière et plombe ses statistiques, il s'entête et se ridiculise... Autrefois ralliés unanimement à sa cause, les fans du MotoGP étaient nombreux dimanche dernier à tirer sur l'ambulance "The Doctor"...
Or le nonuple champion du monde le reconnaît lui-même : sa première course de la saison 2020 à Jerez (abandon sur problème moteur alors qu'il circulait en 10ème position) était indigne d'un pilote d'usine. Tout comme certaines de ses prestations en fin de saison dernière !
Huitième des GP 2019 disputés à Aragon, Buriram, Phillip Island ou Valence, le célébrissime n°46 du team Yamaha Monster était loin, très loin de son coéquipier Maverick Viñales. Très loin aussi de celui qui le remplacera logiquement à partir de 2021 : un certain Fabio Quarto... Quorta... Quartararo ?!
"Nous nous sommes beaucoup battu avec David (Munoz, son nouveau chef mécanicien, NDLR) et toute l'équipe car nous avions besoin de changement", exposait Rossi lors de la conférence de presse après ce GP d'Andalousie, "mais il a fallu mettre beaucoup de pression sur Yamaha, ce qui n'était pas évident".
Convaincu que c'était à sa vedette italienne de s'adapter à une moto qui donnait satisfaction - podiums et victoires ! - à ses camarades espagnol et français, Yamaha a finalement cédé : "vendredi matin nous avons changé quelque chose et dès le troisième tour, je me suis senti mieux", assure Vale sans toutefois entrer dans les détails malgré quelques relances de journalistes.
"Nous avons pu constater au cours de la dernière saison et demie que Vale n'était pas là où il se trouvait habituellement. Il était très déçu et voulait vraiment changer quelque chose après le premier week-end", confirmait hier Lin Jarvis au micro de nos confrères de BT Sport.
"Il a insisté, nous avons accepté et fait le changement. Je ne dirais pas que cela a résolu tous ses problèmes, mais il se sent beaucoup plus à l'aise et a l'impression que c'est de nouveau sa moto et qu'il peut donc mieux la piloter. C'est en partie ce que les pilotes doivent faire : attaquer à l'intérieur du garage comme sur la piste", reconnait le patron des Bleus.
La firme d'Iwata est généreusement récompensée de son geste envers son légendaire pilote ! Rossi complète un podium 100% Yam' - du jamais vu depuis Phillip Island en 2014 - et permet surtout à son employeur de s'éloigner au classement des constructeurs : fort du doublé de Quartararo, Yamaha totalise 50 points contre 26 pour Ducati, 19 pour Honda et KTM, 11 pour Suzuki et 5 pour Aprilia.
Désormais plus à l'aise sur sa moto en - entrées de - virages, le géant de Tavullia - au sens figuré en raison de son glorieux palmarès, comme au sens propre car c'est un grand gabarit pour un pilote de vitesse - voit désormais l'avenir sous un nouveau jour plus radieux.
Sa confiance et sa motivation sont regonflées pour un tour une tournée ! Valentino a d'ailleurs confirmé qu'il intégrera en 2021 le team Yamaha Petronas. Une manière de forcer la main de l'actuelle équipe de Quartararo et Morbidelli qui n'a pas encore officialisé la nouvelle... ni établi la liste des membres ou signé le chèque ?
Bonne nouvelle pour les fans - et les organisateurs - du championnat : Rossi devrait donc disputer une nouvelle saison complète de l'Intercontinental Circus. Il est vrai qu'une tournée d'adieu en 2020 confinée en Europe aurait déçu de nombreux supporters dans le reste du monde. Car Vale reste très apprécié !
You can tell @ValeYellow46 really missed the fans at the track today!
But that didn't stop him from celebrating his #MotoGP podium finish at his special Jerez spot!#AndaluciaGP pic.twitter.com/DRbezxiwKA
— MotoGP (@MotoGP) July 26, 2020
"I wanted to give a hug to the people at home!" - @ValeYellow46
The Doctor with a message to his loyal supporters after his return to the podium!#AndaluciaGPpic.twitter.com/ZWiRYemVrC
— MotoGP (@MotoGP) July 26, 2020
Hier à Jerez, la célébration du doyen des Grand Prix moto (il a 41 ans depuis le 16 février) face à des tribunes vides - dans son "petit coin" préféré de la piste - ont prouvé que le facétieux "Rossifumi" a toujours le sens du spectacle. Le pétillant Valentinik a toujours soif de Prosecco et le bon vieux Doctor semble enfin avoir trouver un traitement pour "sa" M1.
"Jerez est une piste que j'adore, mais depuis ma victoire en 2016 j'y ai toujours souffert ces dernières années, j'y ai tout le temps réalisé de mauvaises courses", observait-il encore hier. "Monter sur le podium ici après une bonne course et sur une piste à 60°C, cela signifie que nous sommes en bonne voie et qu'on peut aussi être compétitifs à Brno", prévoit Vale.
Clairement en délicatesse avec son pneu arrière dès la mi-course, le pilote le plus expérimenté du plateau MotoGP n'a jamais pu suivre le tempo imposé puis parfaitement régulé de notre "Fabiolous" compatriote, premier double vainqueur français en catégorie reine des Grand Prix moto. Mais Vale a maîtrisé son coéquipier Maverick, presque jusqu'au bout...
Clairement en symbiose avec son pneu avant (un dur, comme l'écrasante majorité de ses adversaires cette fois !) tout au long des 25 tours de ce GP d'Andalousie, il était impossible à aller chercher sur les freins. Impossible pour Viñales en tout cas, qui a top longtemps buté sur les trajectoires défensives et plus en "V" de son prédécesseur.
"J'étais bloqué derrière Vale et je ne pouvais pas respirer sur la majorité des tours, j'étais vanné", déclarait Maverick à sa descente de moto. "Je ne sais pas pourquoi, c'était peut-être à cause de la chaleur émanant des autres motos, mais je ne pouvais pas en faire plus".
L'attaque décisive de Viñales sur Rossi a d'ailleurs été déclenchée par un léger écart du n°46 aux abords du virage n°9, dans l'avant-dernier tour. Sans elle, l'espagnol aurait dû aller puiser dans ses ultimes ressources pour faire les freins à son coéquipier clairement moins rapide, mais incroyablement solide.
La troisième place de Rossi à Jerez suffira-t-elle à faire taire ses détracteurs ? Certainement pas. Il en restera toujours pour calculer que sans le forfait de Marquez, sans les blessures de Rins, Dovizioso, voire Crutchlow, sans les problèmes mécaniques de Bagnaia et Morbidelli, Rossi aurait plutôt fini neuvième...
Hélas pour eux, les circonstances s'effacent et les statistiques restent. Ce dimanche, le doyen des Grand prix moto a relancé son compteur de podiums : il affiche 235... en 404 départs ! Soit un stupéfiant pourcentage de 58%, joli clin d'oeil au regretté Simoncelli dont le numéro de course figure toujours sur le casque de son ami.
En catégorie reine, Valentino Rossi est monté à 199 reprises dans le Top3... Les lecteurs de Moto-Net.Com - qui, comme chacun sait, ont un peu plus de mémoire vive que les autres - se souviennent que sa toute première fois remonte à l'an 2000, lors de sa quatrième course en GP500 (à l'époque des moteurs deux-temps). C'était à Jerez !
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Plateau : Les pilotes et leurs motos 2025
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