L'équipementier italien Dainese a demandé à l'un de ses meilleurs pilotes, Giacomo Agostini, de choisir ses cinq circuits préférés. L'homme aux 15 titres mondiaux s'explique... et MNC annote !
Dans le journal en ligne DemoneRosso de Dainese, Giacomo Agostini révèle "quels circuits sont gravés en lui, que ce soit à cause de défis techniques, de la vitesse ou d'histoires qu'il n'oubliera jamais". Le "quinze-tuple" champion du monde donne son Top 5 des meilleurs circuits moto et livre quelques anecdotes... MNC en profite pour étaler sa mince culture !
"C'est sur cette piste que j'ai découvert la MV, c'est un circuit très rapide. La vitesse moyenne au tour était d'environ 190 km/h. J'aimais vraiment beaucoup ce tracé. Il y avait des virages palpitants", se remémore Agostini.
"J'en garde un souvenir inoubliable, lorsque j'ai remporté mon premier titre mondial avec la MV 500 cc à Monza en 1966. Après la fin de la course, les spectateurs ont envahi la piste et la grande chaleur et l'affection que le public m'a témoignées, leurs clameurs, sont toujours restées en moi".
Note MNC : Ce légendaire circuit a malheureusement perdu de sa saveur dangerosité avec l'apparition de trois chicanes. Il faut rappeler que Monza est à jamais lié au tragique accident qui a entrainé la mort de Renzo Pasolini et Jarno Saarinen, lors de la course 250 cc du GP des Nations en 1973.
Le Continental Circus n'est revenu qu'en 1981 sur ce tracé en forme de pistolet, tandis que la manche de World Superbike 2013 est la dernière épreuve moto internationale disputée là-bas. La première chicane, en bout de ligne droite, générait souvent des chutes collectives et entrainait la levée des drapeaux rouges. Les organisateurs et chaines de télévision n'aimaient pas cela !
"C'est le circuit le plus difficile, le plus exigeant du monde, une piste sur des routes ouvertes à la circulation le reste du temps. Un tour fait 60 km et le plus dur est de se souvenir de tout cela. Si vous occultez la sécurité, c'est la piste qui vous offre des sensations comme nulle part ailleurs, nulle part".
"Le grand affrontement entre Mike Hailwood et moi a eu lieu en 1967 au TT. J'étais sur MV et Hailwood sur Honda. Je dois reconnaitre que Hailwood était un spécialiste de l'épreuve. Il avait gagné presque toutes les courses sur l'Ile de Man : 125, 250, 350 et 500".
"Dans la catégorie Senior TT 500, nous nous sommes battus pendant toute la durée de la course et je comptais environ sept secondes d'avance dans le dernier tour. Je voyais déjà se profiler une grande victoire, mais ma chaîne s'est cassée à quelques kilomètres de la ligne d'arrivée et j'ai perdu cette grande occasion. À la fin et avant de monter sur le podium, Hailwood m'a serré dans ses bras et m'a dit que j'étais le vainqueur moral. C'est ce qui lui vaut d'être un grand sportif et un vrai gentleman".
Note MNC : Sorti du calendrier du Continental Circus en 1977 suite aux boycotts de nombreux pilotes, de leurs fédérations et écuries, le Tourist Trophy se dispute toujours chaque année, fin mai début juin, sur le même tracé qu'empruntaient Ago et "Mike the Bike".
Annulé en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, le "TiTi" continue d'attirer certains pilotes, souvent spécialisés en course sur route, même si de grands pistards comme le "King" Fogarty y ont participé. Les spectateurs affectionnent aussi ce tracé qui leur permettent de se coller au plus près de la "piste". Frissons garantis, petite poussée de fièvre possible...
"Cette course arrivait après le TT (de l'Ile de Man, NDLR). C'était un soulagement. La piste était plus sûre et très technique, c'était environ 8 km ponctués de très grands virages techniques. C'était comme rouler sur un vrai circuit, alors qu'il s'agissait aussi d'une route normalement ouverte au public. La course avait lieu le samedi, avec environ 180 000 spectateurs. Environ 60 à 70 000 personnes étaient déjà là le jeudi, pour les premiers essais. Les tribunes n'étaient pas couvertes mais personne ne quittait sa place, même s'il pleuvait souvent".
"J'ai de très bons souvenirs, avant tout parce que j'ai gagné 14 fois à Assen. J'ai tout de même un souvenir amer, celui de ma lutte contre Barry Sheene jusque dans le dernier tour d'une course de 500. J'étais en tête dans les deux derniers courbes, mais il m'a dépassé avant la ligne d'arrivée, alors que je pensais que c'était gagné. Il se peut que j'aie perdu de ma concentration dans le dernier virage, car j'étais sûr que la victoire était mienne. C'est pourquoi je dis toujours : "Ne lâche jamais rien"".
Note MNC : Surnommée "La cathédrale de la vitesse" par les amateurs de vitesse moto, ce rapide et ondulant tracé n'est plus ce qu'il était... En 2006, une première boucle de près de deux kilomètres a été transformée en un ridicule rond-point, sacrifiée sur l'autel du profit pour construire un parking et une aire de loisirs !
Autre méfait des temps modernes : les courses qui se disputaient traditionnellement le samedi ont été (dé)calées le dimanche afin de plaire, encore et toujours, aux organisateurs, sponsors et chaines de télévision ! Tant pis pour le repos dominical, les longs déjeuners en famille suivis de promenades... à moto bien sûr.
"La moyenne au tour était d'environ 220 km/h, soit la plus élevée de tous les circuits du championnat du monde. Il n'y avait eu qu'un seul virage en première vitesse. Le reste se négociait entre 160 et 250 km/h. Comme pour le Tourist Trophy, il n'était pas question de tomber ici. La piste mesurait 11 km (plutôt 14 km en fait, NDLR) et était très dangereuse, bordée d'arbres et de murs".
"J'y ai gagné une course sur le mouillé. Il pleuvait tellement fort que je pouvais à peine suivre la route, j'ai même eu du mal à voir le drapeau à damier. Je ne savais pas que j'avais gagné ! Je ne l'ai réalisé qu'après avoir enlevé mon casque et que mes mécaniciens m'ont embrassé".
Note MNC : La seule description par Agostini de ce circuit belge mondialement connu suffit à comprendre pourquoi l'Intercontinental Circus n'y fait pas escale. : trop rapide, trop dangereux ! Il est en revanche au programme de la Formule 1. Un championnat de vitesse auto, parait-il.
L'an dernier, le ministre wallon de l'économie, Pierre-Yves Jeholet se félicitait de l'approbation par le gouvernement de son plan d'investissements visant le retour de grandes épreuves moto : disparue en 2004, la course d'endurance de 24 Heures y est prévue pour 2022. Selon la rumeur, le Grand Prix moto de Belgique pourrait même réapparaitre en 2024 (dernier GP en 1990).
"C'est une piste exigeante, avec des montées et des descentes. Ils la surnommait le petit TT. C'était le "pays des moteurs", où l'on sentait des sentiments particuliers, une passion. Avant la ligne d'arrivée, il y avait une petite colline appelée la "colline humaine" car elle était entièrement couverte par le public. Cela donnait une énergie et une excitation incroyables. C'était particulièrement dur et excitant de se lancer dans le virage Tamburello à 220/230 km/h".
"En 1974, s'est tenu un affrontement fantastique entre votre serviteur, Read, Bonera et Sheene, qui a duré toute la course. À cette occasion, j'ai amélioré mon record de piste trois ou quatre fois de suite, m'accordant une avance d'environ six secondes sur mes rivaux. Malheureusement, je suis tombé en panne d'essence au milieu du dernier tour. J'ai versé de nombreuses larmes de déception faute de vaincre cette grande bataille devant mon public".
Note MNC : Seuls les plus vieux sages des lecteurs MNC se souviennent de ce GP des Nations 74 et de la première victoire un brin chanceuse de Gianfranco Bonera. Le pilote italien n'en gagnera qu'une seconde deux ans plus tard en catégorie 250... sur Harley-Davidson !
Les lecteurs un peu moins âgés de MNC gardent en mémoire la féroce finale du World Superbike 2002 qui opposait le champion du monde en titre Troy Bayliss sur Ducati et son prédécesseur sur le trône WSBK, Colin Edwards sur Honda. Les beaux circuits font les belles batailles...
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Plateau : Les pilotes et leurs motos 2025
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30 mars : GP des Amériques
13 avril : GP du Qatar
27 avril : GP d'Espagne
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25 mai : GP de Grande-Bretagne
08 juin : GP d'Aragon
22 juin : GP d'Italie
29 juin : GP des Pays-Bas
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20 juillet : GP de République Tchèque (sous réserve)
17 août : GP d'Autriche
24 août : GP de Hongrie (sous réserve)
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