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Paris, le 10 juin 2021

Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

Les fans français de vitesse moto vivent une période formidable grâce aux succès de Fabio Quartararo et Johann Zarco en MotoGP. Comme eux à leurs débuts, Gabin Planques tente de percer en Moto3 espagnol et en Red Bull Rookies Cup, deux tremplins vers les Grand Prix moto. Interview MNC.

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Gabin Planques, vous connaissez ? Pas encore. Ce gamin de 16 ans souhaite devenir le prochain Fabio Quartararo ! Comme "El Diablo" en effet, il s’est expatrié en Espagne afin de se frotter aux futurs champions de vitesse moto. Mais lui a la chance d’être entouré de toute sa famille : papa, maman et le petit frangin Guillem qui roule lui aussi !

En 2021, le n°48 français - licence espagnole en poche, c’est une longue histoire et un classique en vitesse moto... - devait à nouveau concourir championnat espagnol de Moto 3 (CEV). Hélas, un accrochage et une vilaine blessure au bras en fin de saison dernière l’ont contraint à tirer un trait sur cette année, le temps de se réparer.

Engagé depuis 2019 en Red Bull Rookies Cup (RBRC, dont la première édition avait été remportée par Johann Zarco !), Gabin a tout de même tenté de participer à l’épreuve d’ouverture à Portimao. Dans l’incapacité de piloter, il a du se résoudre à déclarer forfait pour la saison entière. La mort dans l’âme, à double titre...

La mort s’est d’ailleurs emparée de l’un de ses meilleurs potes au sein du paddock : Jason Dupasquier. Pas de quoi remettre en question sa passion pour la moto et sa volonté d’accéder un jour au MotoGP où roule son idole : Jean-Michel Bayle Marc Marquez !

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

Moto-Net.Com : Salut Gabin, comment vas-tu, physiquement et moralement ?
Gabin Planques :
Je me remets de ma blessure au bras, suite à ma chute à Valence. Je me suis abîmé deux nerfs, et ma guérison était mal partie mais ça s’est nettement amélioré ensuite. Je suis serein car je sais que je vais réintégrer la RBRC en 2022. Idem pour le Moto3 en CEV.

MNC : Tu vas quand même rouler un peu ?
G. P. :
J’ai essayé de faire l’ouverture de la saison à Portimao mais je ne pouvais pas tenir la moto. On a donc déclaré forfait, on préfère que le bras se remette nickel. Mais je roule pour m’entraîner, en mini moto ou supermotard.

MNC : Tu arrives à gérer en Supermotard ? Tu roules avec le soutien du boss de Luc1 Motosport ?
G. P. :
Oui, le week-end dernier encore grâce à lui, j’ai roulé en championnat de France Supermotard. C’est marrant, l’ambiance est super sympa. Physiquement c’était pas évident, mais là si je voulais m’arrêter je pouvais. Il n’y avait pas d’enjeu comparé à la Red Bull. Et puis la course se déroulait à deux heures de chez moi. Ce n’est pas comme se rendre à l’autre bout de l’Europe pour faire sept tours et jeter l’éponge.

MNC : Scolairement, tu en es où ? Ça se passe bien ?
G. P. :
Je suis en seconde, enfin l’équivalent en Espagne. Mais j’avoue que c’est compliqué de suivre car on roule à peu près quatre fois par semaine, on a pas mal de week-ends pris par les courses...

MNC : Tu donnes l’entière priorité au sport ?
G. P. :
Oui, priorité à la moto. Je vais à l’école quand je peux, mais faire les deux est impossible.

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

MNC : Ton papa faisait de la compétition, mais en auto. Comment as-tu atterri sur une moto ?
G. P. :
J’ai toujours baigné dans les sports mécaniques. Mon grand-père courrait en Rallye, mon père a roulé en Formue Ford. Mais Guillem et moi, on préférait la moto ! Comment on s’y est mis, sincèrement je ne m’en rappelle plus. Mon père nous a offert une PW et c’est parti comme ça.

MNC : Comme beaucoup, tu as commencé en cross.
G. P. :
Je suis monté sur la moto vers trois ans et j’ai disputé mes premières courses à six. J’ai goûté à la vitesse deux ans plus tard, et j’y suis définitivement passé vers dix-onze ans. Mais je continue de rouler en motocross, c’est bon pour l’entraînement.

MNC : Tu préfères quelle discipline moto au final ?
G. P. :
J’adore le cross et le supermotard, mais c’est la vitesse que je préfère.

MNC : Tu voudras aussi rouler sur route plus tard, ou tu resteras sur circuit ?
G. P. :
Oh nan la route, nan. Je compte passer le permis voiture, mais pas le permis moto. Ça ne m’intéresse pas. La route c’est déjà bien assez dangereux à vélo.

MNC : Quels sont tes meilleurs souvenirs, tes plus belles réussites en compétition ?
G. P. :
En cross en 2015, j’ai fait troisième en championnat de France 65cc. En vitesse en 2019, j’ai terminé quatrième en Autriche à la Red Bull.

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

MNC : Tu roules avec le n°48. Il y a une raison spéciale ?
G. P. :
Oui, à l’origine je roulais même avec le n°148. 1 et 4 car je suis né le 1er avril, et le 8 pour Jean-Michel Bayle... J’étais fan de ce pilote, avant. En vitesse comme on ne peut pas rouler avec trois numéros, j’ai pris le 48.

MNC : Quel est le pilote de MotoGP qui t’inspire le plus, et pourquoi ?
G. P. :
Marc Marquez, car on a un peu le même parcours. Il a débuté très jeune en cross et en a fait jusqu’à douze ans. Il est venu ensuite à la vitesse. Et comme lui, je roule avec mon petit frère !

MNC : En termes de pilotage aussi, tu lui ressembles ? Chaud bouillant ?
G. P. :
Ouais (rires). Ça passe ou ça casse. Malheureusement pour moi, ça casse un peu trop souvent. Je dois progresser sur ce point. Mais ce n’est pas facile. Depuis ma blessure au bras, je n’ai qu’une envie : remonter sur la moto et attaquer !

MNC : Tu vas gagner en maturité, avec l’âge. Les blessures aussi, ça peut calmer...
G. P. :
... mouais, on verra.

MNC : Un petit mot sur Jason Dupasquier, qui était l’un de tes grands copains dans le paddock.
G. P. :
Oui, on s’entraînait l’hiver ensemble car il habitait près de chez moi. On faisait du vélo, Dani Pedrosa nous accompagnait parfois. Mes parents sont allés à l’enterrement hier (mardi) mais mon frère et moi n’y sommes pas allé : Guillem a une course ce week-end à Barcelone, donc on ne voulait pas le perturber.

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

MNC : C’est la première fois que tu perds un ami proche dans ces circonstances ?
G. P. :
Malheureusement non, c’est déjà arrivé deux-trois fois.

MNC : Ça fait réfléchir ?
G. P. :
Oui forcément, mais dès qu’on regarde une course (sourire)... On n’a qu’une envie, c’est de remonter sur la moto !

MNC : Tu connais des pilotes qui ont préféré arrêter ?
G. P. :
Non, aucun.

MNC : D’après ta fiche officielle de la Red Bull Rookies Cup, tu mesures 1,60 m pour 41 kg. C’est toujours ça ?
G. P. :
Ah nan, c’était il y a deux-trois ans. J’ai grandi quand même ! Aujourd’hui je fais 1,75 m et 55 kg.

MNC : Ça doit être un peu mieux pour piloter la KTM RC250R ?
G. P. :
Oui c’est mieux. Faut savoir qu’à mes débuts en Red Bull, je n’étais pas assez lourd, donc ils lestaient ma moto de 8 kilogrammes.

MNC : Des lests placés où ? Bien bas, dans le carénage sous le moteur, ça pourrait être pas si mal ?
G. P. :
Je ne sais pas où c’était installé honnêtement. Ce que je sais c’est que je n’ai plus ce poids supplémentaire désormais. Enfin si, mais c’est moi qui le porte et qui en profite pour guider la moto !

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

MNC : Comment s’était passée ta première saison en RBRC 2019 ?
G. P. :
Mes débuts ont été compliqués car j’avais du mal à tenir la moto, je n’étais pas assez costaud, tout simplement. Mais je me suis amélioré et à la fin je commençais à être vraiment bien.

MNC : Tu avais roulé sur quel type de motos de vitesse avant cela ?
G. P. :
J’avais roulé sur Honda 250 en Talent Cup, sur des 80 avant cela, des 50 2-Temps sur circuits de kart.

MNC : La Honda 250 est différente de la KTM ?
G. P. :
Ce n’est pas du tout pareil. En Moto3 CEV je roule sur une Honda aussi et c’est très différent. La KTM est beaucoup plus vive, limite nerveuse car elle a plus tendance à guidonner. La Honda a un châssis plus souple, mais quand ça part... ça part vraiment ! Idem question moteur : la KTM est plus pointue, la Honda est plus souple.

MNC : Laquelle préfères-tu ?
G. P. :
La KTM, elle me correspond plus, elle est plus agressive.

MNC : Ta deuxième saison a été chamboulée par le coronavirus. Comment l’as-tu vécue ?
G. P. :
Je suis tombé trop souvent, genre trois fois par week-end, en Red Bull comme en Moto3. Je n’ai participé qu’à la moitié du championnat en loupant les quatre dernières courses. Ce n’était pas une bonne saison.

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

MNC : Qu’est ce qui te plaît dans la Red Bull Rookies Cup ?
G. P. :
J’aime le fait qu’on ait tous la même moto. La différence doit se faire au pilotage et ça donne des courses serrées. On a des essais de 25 minutes le vendredi, et le soir même vers 18h30-19h, après tout le monde, on a la qualif. On n’a pas beaucoup de roulage, faut s’adapter vite.

MNC : Comment est gérée la moto, son entretien ?
G. P. :
Ils t’en attribuent une en début de saison, avec ton numéro. Ensuite ton mécano, ou "helper" comme ils disent, se contente de changer les pneus, mettre de l’huile. Mais on ne touche pas au reste, on n’ouvre pas les moteurs. Tout le reste est géré par les organisateurs.

MNC : La formule te plaît donc, mais il y a peut-être des points à améliorer ?
G. P. :
Non, c’est une super compétition. Il n’y a pas mieux pour promouvoir un jeune pilote : on se trouve dans le paddock des Grand Prix, les patrons des teams Moto3 surveillent ce qui se passe...

MNC : C’est mieux que le Moto3 CEV de ce point de vue ?
G. P. :
Boh, nan c’est complémentaire. Il faut faire les deux car en CEV, les machines sont les mêmes qu’en Grand Prix.

 Gabin Planques, jeune pilote moto sur les traces de Quartararo et Zarco

MNC : Combien te coûte une saison en RBRC, et une autre en Moto3 espagnol ?
G. P. :
L’engagement en Red Bull est gratuit. Et je ne sais pas trop à combien reviennent les déplacements et le logement. Pour le CEV, une saison avec une bonne Moto3 coûte environ 150 000 euros.

MNC : Qui te "coache" sur les circuits, te conseille, te motive ou te canalise ?
G. P. :
J’ai mon mécano-coach-chauffeur-un-peu-tout (rires), un ami espagnol qui est là depuis notre arrivée en Espagne. Il s’occupe de mon frère et moi, et plus récemment d’un hollandais. En vitesse mondiale, le coaching ne se fait pas tellement sur la position ou les trajectoires : la technique, on l’a. En revanche, on travaille sur les chronos, sur la gestion de la course, etc.

MNC : Il n’y a pas d’étape française en RBRC. Si tu pouvais choisir, tu irais sur quel circuit ?
G. P. :
Il devait y en avoir une en 2020 au Mans, mais elle a été annulée. Et c’est vrai qu’il ne l’ont pas programmée cette année. Peu importe le circuit ensuite : je n’ai jamais roulé au Mans, à Magny-Cours ou au Paul Ricard... J’ai seulement roulé à Alès, une paire de fois, et c’est tout. Ça fait cinq ans qu’on vit en Espagne, je ne roule qu’ici.

MNC : Quels sont tes objectifs pour 2022 ? Bosser ta régularité ?
G. P. :
Avant tout, faire de mon mieux !

MNC : On te souhaite de réussir... Commence par bien soigner ton bras !
G. P. :
Merci, à bientôt !

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